Axandus, accélérateur industriel

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 Article publié dans « Quest for industry », numéro hors-série d’Or Norme paru à la mi-juin 2023.
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Axandus est un accélérateur privé industriel, situé dans la région lyonnaise. Son fondateur, Jean-Baptiste Yvon, est vice-président du groupe automobile EFI et Directeur d’AXANDUS. Depuis sa création il y a 9 ans, cet accélérateur a soutenu et accompagné 130 start-up dans le domaine industriel.

C e modèle bénéficie d’une équipe intégrée au sein d’une société industrielle, ce qui lui octroie des ressources dédiées et lui donne accès aux moyens de validation et de sa force de frappe. En vertu du contrat, tout ce qui est réalisé relève de la propriété de la start-up, et cette dernière n’est pas tenue de produire au sein du groupe industriel. EFI AUTOMOTIVE est un équipementier automobile, société familiale de 1800 personnes en France, Turquie, Chine et USA. EFI développe et produit en grande série des produits mécatronique, capteurs électroniques embarqués et actionneurs intelligents. L’équipe d’AXANDUS est constituée d’ingénieurs du groupe qui viennent avec toute leur expertise en Conception à Coût Objectif, achat, industrialisation et mise en série.

L’ACCÉLÉRATION INDUSTRIELLE, UN MODÈLE SPÉCIFIQUE ET CIBLÉ

Ni incubateur, ni tout à fait accélérateur, Axandus se définit comme « accélérateur industriel ». Avant toute chose, un point sur le concept est nécessaire. Un accélérateur industriel accompagne la start-up sur la définition et la réalisation de sa stratégie d’industrialisation, il peut également lui proposer jusqu’à une solution de production (usine, équipe technique, et équipements) si elle le souhaite. Le programme d’accélération industrielle est une course de fond qui est étalée sur plusieurs trimestres : de la conception jusqu’à la montée en cadence du produit. Ce programme est exécuté par une équipe experte qui conduit et réalise les actions, ce qui permet à la start-up de redistribuer ses ressources et de se focaliser sur les tâches à plus haut rendement pour elle. Parmi les start-up accompagnées, il y a PRIMO1D qui a réussi à automatiser la production de puces RFID, ainsi que NOTILO PLUS qui a réalisé la mise en production de robots sous-marins, de drones, de robots agricoles, d’objets connectés et de motorisations pour vélos électriques. « Il existe de nombreux incubateurs et sociétés de consultants qui peuvent venir en aide aux entrepreneurs en innovation. Axandus, quant à lui, se distingue en tant qu’accélérateur au sein d’une société industrielle, réunissant à la fois des personnes expérimentées et des jeunes talents. Nous avons des réflexes réseau, la connaissance des fournisseurs, une véritable force de frappe », expose Jean- Baptiste Yvon. Sur 130 start-up accompagnées, 50 % ont plus que doublé leur chiffre d’affaires et le taux de dossiers arrêtés par manque de financement n’est plus que de 10 %.

AXANDUS FONCTIONNE EN SYNERGIE AVEC L’ÉCOSYSTÈME DE LA RÉGION

Nulle concurrence entre les concepts énoncés plus hauts, puisque « l’accélérateur industriel intervient sur le produit lui-même pour que ce dernier puisse être facilement fabricable en grande série ». Et, pour pouvoir fonctionner de concert avec les acteurs de la région, des incubateurs aux financeurs, il a fallu qu’Axandus trouve sa place dans le réseau. C’est chose faite. Si sa présence sur les forums et rencontres de l’écosystème industriel lui permet aujourd’hui un positionnement et une visibilité accrus, l’accélérateur est majoritairement sollicité directement par les jeunes ou futures entreprises intéressées. Par ailleurs, Bpifrance et les Chambre de Commerce et d’Industrie ne manquent pas de le recommander aux profils adaptés. Le réseau d’Axandus comprend à ce jour EFI automobile et Sercel (les deux sociétés liées au projet), la Fabrique de l’innovation (Université de Lyon), La Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Grand Lyon, le CEA, la French Tech et La French POC, CARA, Tenerdis, Pulsalys, Le Village by CA et la Banque Populaire. Axandus recherche une société industrielle qui serait intéressée pour dupliquer ce modèle.

ALLER PLUS LOIN DANS L’ACCOMPAGNEMENT…

Lorsqu’une jeune entreprise démarre avec un projet industriel et présente son idée à un sous-traitant, celui-ci demande un cahier des charges. C’est-à-dire des indications précises et techniques sur le projet à produire. Lorsque les fondateurs n’ont aucune notion, ou très peu, d’industrie, le parcours devient plus long et erratique. Axandus est là pour aider à construire et chiffrer en limitant les risques. Or, passer la « vallée de la mort » c’està- dire les trois à cinq premières années, dans l’industrie innovante, est synonyme de réduire la possibilité d’erreurs entre idée et production, notamment sur ce fameux cahier des charges, à transmettre au sous-traitant. « En général, sur 5 millions d’euros, les start-up d’innovation industrielle en investissent 3 millions en industrialisation, nous leur faisons gagner 1 million », explique Jean-Baptiste Yvon. Prévoir un modèle pour faire de la marge, et ne pas faire appel aux fonds, demande de maîtriser la chaîne complète et ne pas être « dépendants ni de sous-traitance, ni de fonds d’investissements ».

EN PROPOSANT DES OUTILS…

L’offre proposée est diversifiée. Elle permet à chacun de se situer et d’avancer dans la création de son projet avec un choix à la carte. Un diagnostic industriel avec le support de Bpifrance peut être l’amorce de la prise en charge par l’accélérateur, il est complet : preuve de concept, preuve de désirabilité, chiffrage des produits, industrialisation, stratégie industrielle, faisabilité technique du produit, sous-traitance ou non, circuit de vente, SAV… « Chez nous, les gens viennent aussi chercher des expertises complémentaires à leur équipe », continue le fondateur. Chez Axandus, en sus de l’offre d’accélérateur, il existe deux laboratoires d’essais (d’une trentaine de personnes) avec de gros moyens de production en électronique embarquée et produits industriels. Ce qui est mis à disposition, ce ne sont pas seulement des compétences, mais aussi du matériel : « EFI est une entreprise ayant pour sujet la mobilité, nous avons donc à disposition de quoi travailler sur cet ensemble ». Il est de fait possible, en étant accéléré chez Axandus, de disposer de moyens qui peuvent toucher aux mobilités, bien entendu, mais aussi à la robotique, aux drones, à la « smart » agriculture, à l’IoT (objets connectés et capteurs communicants), domotique, mais aussi au domaine du médical. …

ET DÉVELOPPER UN RÉSEAU D’ACCÉLÉRATEURS INDUSTRIELS.

Développer le potentiel français en matière d’innovation industrielle nécessite de pouvoir multiplier et étendre les dispositifs déjà existants. Déjà en lien avec l’ETI nantaise Sercel depuis 2017 pour une expansion en réseau, Axandus espère pouvoir proposer également son modèle sur le territoire alsacien. « Le modèle de l’accélérateur agrémenté est gagnant-gagnant pour les industriels et les entrepreneurs », appuie le fondateur d’Axandus. Jean-Baptiste Yvon et son équipe, aujourd’hui d’une dizaine de personnes, souhaite créer un véritable réseau Axandus, avec d’autres entreprises industrielles pour pouvoir accélérer, soutenir et propulser ceux qui feront les lendemains de l’industrie.