Mickaël Labbé « La vie urbaine ne doit pas être réduite aux seules solutions techniques ou d’aménagement. »

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-grand entretien publié dans le cadre du hors-série Habiter-

 Son livre Reprendre place : Contre l’architecture du mépris est paru à la fin 2019 et a dû faire face, comme tant d’autres, au black-out du confinement. Malgré tout, il a été suffisamment remarqué par tous ceux qui, à quelque titre que ce soit, jouent un rôle dans les secteurs de l’habitat ou de la politique de la ville et qui ont réussi à faire entendre leur voix au cours des récentes élections municipales, à Strasbourg comme dans les autres grandes villes du pays. Entretien (passionnant) avec Mickaël Labbé, maître de conférence en esthétique et philosophie de l’art à l’université de Strasbourg, spécialiste de l’habitat et de l’aménagement urbain.

 

Or Norme. Vous êtes un philosophe un peu atypique car en fait, après votre thèse sur Le Corbusier, c’est votre expertise dans d’autres domaines qui apparait en pleine lumière puisque vous dites vous-même que durant vos recherches personnelles, vous avez travaillé exclusivement sur l’architecture et l’urbanisme…

C’est exactement ça. Tout au long de mes études, la plupart des amis autour de moi étaient à l’École d’Architecture où j’étais quasiment en permanence invité lors de leurs « charrettes » et, pendant qu’ils trimaient et au vu de l’incapacité manuelle congénitale qui était la mienne, je ne pouvais les aider qu’en faisant le café. C’est là que je suis tombé sur les livres de Le Corbusier et d’autres architectes, aussi. Et c’est au fur et à mesure que cette passion pour Le Corbusier s’est accentuée… J’ai vite trouvé qu’il y avait là une grande pensée chez quelqu’un qui, certes, pouvait être abondamment critiqué mais qui, indéniablement, fut l’un des très grands créateurs du XXème siècle car il fut non seulement un bon architecte mais aussi, donc, un grand penseur de l’architecture. En même temps, je me suis toujours intéressé à la modernité, à tout ce qui fait que l’on est ce que l’on est, aujourd’hui…

Or Norme. La récente campagne municipale à Strasbourg, certes compliquée par les plus de trois mois entre les deux tours, n’a pas spécialement fait émerger les problématiques liées à l’aménagement urbain et au logement. Vous le regrettez ?

En fait, ce que j’ai noté, c’est qu’il en a été question toujours un peu dans les mêmes termes : on a entendu parler de bétonisation, on a évoqué la question du logement, des espaces verts, etc., etc. Ce qui veut dire qu’au fond, on continue à utiliser un logiciel qui est finalement assez ancien : une façon très institutionnelle et quelque peu réductrice de traiter ce genre de questions, à mon avis. Rien de substantiellement différent de ce qu’on a pu entendre auparavant : en ne parlant qu’urbanisme, c’est la question plus générale de la ville que l’on rate. C’est une des grandes thèses de mon livre : toute décision spatiale, mettre plus d’espace verts, piétonniser, etc. doit être prise dans le cadre d’un projet social et politique idéologiquement charpenté. Loin des fétiches, comme je les appelle : végétaliser contre bétoniser, construire plus ou construire moins : la vie urbaine ne doit pas être réduite aux seules solutions techniques ou d’aménagement… La question centrale est de savoir comment construire la ville dans le monde de demain qui sera avant tout marqué par d’immenses préoccupations, essentiellement écologiques. Même s’il y a désormais beaucoup de gens qui réfléchissent de façon intéressante à tout cela, on est encore dans un moment d’entre-deux où l’on pense encore sur des bases anciennes, en n’ayant pas encore inventé ni le logiciel théorique ni les formes que prendra ce type de nouvel urbanisme. Dans la majorité des discours de campagne que j’ai entendus, j’ai noté pas mal de choses qui n’étaient pas à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres malgré le green washing quasi général…

Or Norme. N’y a-t-il pas aussi, concernant ces problématiques lourdes, un décalage qui se creuse dramatiquement entre le temps du politique, qui fait qu’à peine élu, on se retrouve quasiment instantanément dans « le coup d’après » et le temps de l’urbaniste ou de l’architecte qui nécessite pas mal de tâtonnements, d’expérimentation et de mise en œuvre de notions qui ne s’élaborent pas forcément très rapidement ?

C’est indéniable. La philosophe Hannah Arendt répétait que l’architecture était marquée par une forme de durabilité et par des choix décisifs. On construit en dur et écologiquement, et ça a toujours un impact qui fait que l’on se retrouve dans une notion de temps quasi géologique, surtout dans nos sociétés où intervient la notion de patrimoine, par exemple. Dans d’autres parties du monde, on s’embarrasse beaucoup moins avec cela… Alors, oui, c’est certain qu’existe ce décalage entre l’obligation de faire, c’est-à-dire prendre des décisions rapides et immédiates, et la somme considérable de réflexions et de précautions qu’il faudrait avoir avant de construire quoique ce soit. Mais il y aussi une autre réflexion qu’il faut considérer : en France, nous avons un modèle de réflexion assez singulier sur ces questions-là, un modèle qui est extrêmement centralisateur et technocratique. Les grands chantiers sont aux mains d’experts d’État qui imposent un côté très planificateur. Ce modèle peut apparaître en décalage avec les nouvelles aspirations citoyennes sur la manière de produire la ville, loin de cette façon de devoir valider des décisions prises de très haut, loin de ce modèle gestionnaire qui a pu, durant quelques décennies être nécessaire, certes, mais qui est aujourd’hui totalement en décalage avec ce que souhaitent les gens.

Dans votre livre, vous parlez plutôt cash sur ce sujet. Vous écrivez : « Il est plus que temps de contester le langage politique de la ville contemporaine pour pouvoir reprendre place en son sein et exiger de ceux qui fabriquent la ville, architectes, promoteurs, planificateurs, politiques, investisseurs, qu’ils prennent en compte sa destination véritable : servir la vie ordinaire de ses habitants. » Et vous affirmez aussi : « Nos villes sont des zones à défendre face à la spéculation et à l’inflation touristique. » Vous citez des exemples bien connus et identifiés comme Venise, Barcelone ou encore Dubrovnik. C’est aussi le cas de Strasbourg ?

Il y a tellement de formes de consultations qui ne représentent absolument pas la possibilité pour les gens de s’approprier les projets, et encore moins de contribuer à les définir. Au final, il y a plein de décisions qui vont carrément à l’encontre des intérêts des habitants eux-mêmes : je citerais en effet, parmi plein d’autres, un aspect que je traite dans le livre comme la tourismophobie, par exemple, le résultat de cette prime au touriste qui engendre chez les habitants un sentiment de dépossession de leur propre ville, comme on a pu incontestablement le constater lors de la dernière édition du Marché de Noël. Ces habitants ont alors le sentiment que la ville se développe sans eux et même contre eux. Ce sont des phénomènes que l’on voit un peu partout dans les grandes villes dans le monde, la gentrification, ces regroupements de types de populations par catégories sociales qui fabriquent assez rapidement une ville-archipel, cette notion que le sociologue Jérôme Fourquet avait bien cernée dans son livre L’archipel français. Bien sûr, il y a toujours eu des ghettos qui regroupaient des catégories très populaires, voire précaires ou au contraire, d’autres, plus bourgeoises mais je trouve que l’on est de plus en plus dans l’entre-soi. Il y a une formule de Guy Debord que je trouve à la fois terrifiante et très vraie : « On est de plus en plus au sein d’un urbanisme qui nous fait vivre isolés ensemble ». Même si ce sont des véritables lames de fond au niveau planétaire, notre ville n’est pas du tout indemne de ses phénomènes-là. S’il est sans doute illusoire d’espérer les éradiquer, il faut en tout cas tout faire pour les contrecarrer et cela passe bien sûr par des décisions politiques.

Or Norme. Dans une chronique que vous avez signée sur le Net, vous êtes encore plus sévère concernant des exemples que nous connaissons tous. Je vous cite : « Les sempiternels appels à la rénovation urbaine pour remédier à l’isolement des « quartiers », les décisions de piétonnisation qui ne manqueront pas de favoriser unilatéralement le commerce et d’augmenter les loyers, le réaménagement mono-fonctionnel d’une place destinée entièrement à la consommation et excluant d’autres formes d’usage des lieux, la promotion de « lieux de vie » et « d’éco-systèmes » taillés sur mesure pour de jeunes actifs favorisés (dont je suis, dites-vous) réduits à leur identité de « bobos », et ainsi de suite : longue est la liste des « améliorations » immédiates, opérées en toute bonne foi dont nous aurons à payer les effets. » Force est de réaliser qu’on lit assez rarement ce genre de choses sous la plume d’un spécialiste de l’habitat et de l’aménagement urbain… Vous appelez clairement à la mobilisation citoyenne ?

Oui, à l’évidence. Mais on a besoin aussi d’élus, d’architectes et de promoteurs qui ont aussi conscience de ces phénomènes et font le choix de s’engager pour les combattre. Je suis allé maintes fois dans les services d’urbanisme pour rencontrer les experts qui y travaillent ainsi que leur direction. Il y a à l’évidence plein de gens de bonne foi, qui essaient de bien faire leur travail même s’ils en sont souvent empêchés par tout un tas de mécanismes ou de décisions institutionnelles. Il faut s’appuyer sur cette envie de faire et même de bien faire, de bien travailler. Par ailleurs, il y a des gens dont l’intérêt n’est clairement pas de produire de la ville qui soit d’une bonne qualité sociale. Par définition, leur but est de ne faire que du profit même si tous ne sont pas à classer dans cette catégorie-là. Mais tous sont dans un système très complexe et qui ne dépend pas que de la simple bonne volonté des gens. Il faut donc politiser ces choses, au sens large et noble du terme. J’essaie toujours de montrer comment des choses très microscopiques comme piétonniser une rue, par exemple, sont en fait beaucoup plus complexes et beaucoup plus engagées politiquement qu’il n’y paraît. A priori, sur le papier, c’est plutôt bien de piétonniser. Il y a moins de voitures qui circulent, les piétons retrouvent de l’espace, etc., etc. Mais, on sait très bien aussi que cette piétonnisation, c’est aussi plus de bars et de restaurants, ce sont aussi des terrasses qui débordent de plus en plus sur l’espace public et donc cette fameuse mono-fonctionnalité que je cite dans mon livre en prenant l’exemple du réaménagement de la place d’Austerlitz, à Strasbourg. À Barcelone, ils ont réussi in-extremis à réagir car, au fil de quelques décennies, ils en étaient quasiment parvenus à l’imminence d’une sorte de peine de mort urbaine immédiate. Dans des zones très précises, ils ont pris des mesures très intelligentes en limitant drastiquement le nombre de terrasses qui peuvent s’installer ou en édictant des obligations formelles : quand un boulanger ferme, seul un autre boulanger peut le remplacer, par exemple. Dans ces zones-là, aucun nouvel hôtel ne peut voir le jour… C’est donc l’avènement d’une politique qui a pris conscience de ses erreurs antérieures. Sur ce plan, il va falloir pousser un peu vers une forme de prise de conscience plus forte. C’est le bon moment pour Strasbourg car nous n’en sommes heureusement pas encore arrivés au point où en sont arrivées les villes que je citais. Mais, à certains moments-clés de l’année, on s’en rapprochait, avant la crise sanitaire que nous subissons aujourd’hui. Lors du dernier Marché de Noël, il y a eu un immense trop-plein et un vrai ras-le-bol. J’ai trouvé extrêmement salutaires les pétitions citoyennes qui ont circulé mais j’ai été effaré des discours des élus politiques qui ont suivi. La majorité d’entre eux ont montré qu’ils ne comprenaient rien du tout au phénomène : là où énormément d’habitants exprimaient leur droit à la ville, certains ne parlaient que d’attractivité ou de rayonnement. Bon, je veux être bien clair : le tourisme fait partie de l’ADN de notre ville, c’est une évidence et il faut bien se rendre compte que tout cela a longtemps plutôt bien cohabité avec les habitants mais tout à coup, on a dépassé le seuil de tolérance des gens. On a poussé la chose trop loin, voilà. Mais personne n’a jamais dit qu’il fallait supprimer le Marché de Noël ni qu’il ne fallait plus accueillir personne ! Il s’agit juste de faire certaines choses autrement. Tout passe donc, à mon avis, par une très forte politique municipale, mise en œuvre avec beaucoup de détermination et de fermeté. C’est impératif car l’état de la mobilisation citoyenne sur ces sujets n’est clairement pas satisfaisant, pour l’heure. Un rapport de force doit s’installer, les citoyens doivent prendre en main leurs propres affaires et le meilleur moyen c’est de le faire sur des choses très concrètes : la vie de sa rue, de son quartier… C’est quand une question nous concerne très directement que l’on nous voit nous mobiliser mais bon, ce n’est certainement pas en un claquement de doigts qu’on va réinventer une culture démocratique, réellement participative. Mais, ce qui est le plus surprenant, c’est qu’en dépit de pas mal de choses, les habitants continuent à s’intéresser à leur ville. Il y a une vraie envie d’autres pratiques dans une partie sans cesse plus importante de la population. Dans chaque quartier il y a des choses presque microscopiques qui se mettent en œuvre : c’est là-dessus qu’il faut s’appuyer.

Or Norme. Dès le début de votre livre, on a déjà signalé que vous illustrez votre propos sur les dangers de la gentrification et de la mono-fonctionnalité en citant l’exemple de la place d’Austerlitz. Vers la fin du livre, vous citez un autre exemple de place strasbourgeoise, celle du Marché à Neudorf. En quoi serait-elle si emblématique par rapport à tout votre discours jusque-là ?

J’ai en effet bien aimé mettre en regard l’une de l’autre ces deux places. Elles ont un passé assez similaire puisque ce sont deux anciens parkings d’une part, et elles ont été réaménagées toutes deux assez récemment. Et cependant, pour moi, elles donnent deux images très différentes de la façon dont on fabrique la ville aujourd’hui. À voir vivre presque quotidiennement la place du Marché à Neudorf, je trouve qu’il y a quelque chose qui fonctionne bien. Elle n’est pas spécialement belle, même rénovée, elle n’est même pas spécialement formidablement réaménagée, mais elle présente une diversité d’usages à tous les moments de la journée et tout cela cohabite extrêmement bien. Vous avez des gens différents qui y viennent et qui passent pour plein de raisons très diverses : il y a évidemment le grand rendez-vous du marché avec pas mal de personnes âgées qui marchent à leur rythme – et du coup, les jeunes actifs doivent s’adapter également à ce rythme-là -, il y a aussi des gamins qui jouent au foot contre les murs de la médiathèque, il y a des propriétaires de chiens, des personnes qui squattent un peu ou des gens qui passent vite pour aller au travail… Cette place réunit à plein de moments différents des gens eux-mêmes très différents les uns des autres : la place du Marché à Neudorf symbolise bien la diversité qui a toujours été présente dans ce quartier. Elle est très saine cette diversité-là et il faudrait qu’il y ait beaucoup plus de lieux qui ressemble à celui-là.

Or Norme. Est-ce que cela veut dire qu’un réaménagement est réussi quand on ne perd jamais de vue la tradition profonde du lieu, l’usage que les gens ont toujours fait de l’endroit ?

Il y a de ça aussi, c’est certain. Mais sans doute aussi y avait-il à Neudorf moins d’intérêts marchands immédiats qu’aux alentours de la place d’Austerlitz. Ceci dit, pour être très clair, je ne regrette pas pour autant ce qu’était l’ancienne place d’Austerlitz : j’ai pratiqué la gare routière Eurolines à 4 heures du matin et je me souviens de la dépose des bus lors du Marché de Noël, au secours ! Il n’y a pas la moindre nostalgie dans ce que j’évoque mais incontestablement, dans les options prises pour le réaménagement de la place d’Austerlitz, on a bien compris l’intérêt économique stratégique du lieu et on en est finalement arrivé à ce que nous connaissons aujourd’hui, quelque chose de totalement uniforme, standardisé et stéréotypé où l’on a perdu cette véritable nécessité urbaine qui est de parvenir à faire cohabiter la diversité des usages.

Or Norme. Une toute nouvelle équipe municipale vient d’être élue avec, parmi elle, beaucoup de jeunes élus venus des rangs de l’écologie. Vous pensez qu’elle peut influer rapidement et profondément sur la politique de la ville et de l’habitat ?

Certainement. Je pense que selon la municipalité en place, on peut avoir des différences assez sensibles. J’avoue que pour ma part j’ai pas mal d’espoir même si je me situe plutôt dans les paroles de la philosophe Simone Weil qui parlait d’un « espoir dénué d’espérances ». En fait, ce sont les municipalités qui, aujourd’hui, ont un grand poids dans le monde, même face à certains états comme on le voit par exemple à San Francisco ou encore à New-York. Elles ont un vrai rôle à jouer car c’est à partir de l’endroit où l’on vit, localement, que l’on peut transformer les choses. On sent bien poindre cette idée de transformation et on sent aussi qu’elle est exigée. En effet, et moi le premier, nous étions jusqu’à présent bien peu conscients de ce qui nous attend, ne serait-ce que sur le seul plan climatique. Les scientifiques eux-mêmes n’avaient pas cette conscience-là : les 38°C que la Sibérie a connus il y a quelques semaines n’étaient pas attendus avant dix ans ! C’est donc le moment de tenter des choses capables de lutter contre ce qui nous attend à court terme, et c’est évidemment notre intérêt car nous, les urbains, allons être frappés de plein fouet par le réchauffement climatique. C’est une certitude désormais incontestable et ça tient à la façon dont nos villes se sont construites et aménagées jusqu’alors. Même si, comme d’habitude, les plus pauvres et les plus précaires seront frappés en premier, personne, quel que soit son statut social, ne pourra échapper à ces phénomènes climatiques. Il faut donc engager des transformations très substantielles et toute la difficulté est de le faire en maintenant les équilibres sociaux. Il ne faut pas tomber dans la caricature que les adversaires des élus écologiques font : évidemment, il y aura toujours une vie économique intense même si elle est réorientée vers les nouveaux enjeux climatiques. En tout cas, les résultats de l’élection, à Strasbourg comme dans pas mal d’autres grandes villes du pays, représentent un phénomène démocratiquement encourageant dans la volonté de faire autrement. Mais je le répète, tout va se jouer dans la participation effective des citoyens et tout cela sur fond de décrédibilisation accélérée de la parole des élus : c’est extrêmement complexe et en tout cas, aucune formule magique n’existe. Cela se fera sur un temps long, et je pense même personnellement qu’un mandat n’y suffira pas et ne permettra pas fondamentalement de renverser une situation qui est le fruit d’une érosion très lente mais profonde du fonctionnement démocratique de notre société. Ça n’empêche : par tous les moyens et en s’y attelant sans plus perdre de temps, il faut rendre la notion de participation citoyenne plus désirable. Il ne faut pas s’arrêter à certaines expériences très décevantes que l’on a tous connues par le passé : ce n’est pas parce que l’on a pu constater que ça n’a pas marché ici ou là, ou que ce sont toujours les mêmes qui participent à cette expression citoyenne, qu’il faut stopper toute ambition en ce domaine. Il y a sûrement des moyens modernes à mettre en œuvre pour parvenir à de meilleurs résultats mais l’on sait bien que ce sera très lent et très long et que l’on n’atteindra jamais quelque chose de vraiment idéal…

 

Mickaël Labbé – Reprendre place : Contre l’architecture du mépris – Éditions Payot – 19 €

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