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En mai 2011 à Strasbourg, lors de l’exposition « where the RPG’s take their strengh from » (« D’où les jeux de rôles tirent leur force »), était exposé sur un mur un billet de 100 yuans plié deux fois au niveau du visage de Mao. Ce pliage donnait l’impression, selon l’angle avec lequel on regardait le billet, que Mao riait ou pleurait.

Cette œuvre, « Jean Qui Rit, Jean Qui Pleure », était la première que Tao Hongjing exposait à Strasbourg, comme une sorte de pressenti de l’exposition AO/TAO HONGJING.

Le poète sonore et chroniqueur franco-irlandais Raoul Beckman aime à s’attribuer la paternité de cette pièce. Lui qui, lors d’un séjour à Shanghai, a assisté à la naissance de Tao Hongjing un soir d’octobre 2005 dans le jardin de 1918 Artspace. Autour d’un verre, il discutait avec Zhao Yongang, le directeur de la galerie, et l’artiste Alexandre Ouairy, installé dans la Perle de
l’Orient depuis déjà quelques années, à l’intersection de Fuxing et Huashan Lu.

Raoul Beckman nous rapporte qu’à Zhao, arguant que le marché chinois était hermétiquement clos aux artistes étrangers et qu’il était bien dommage qu’Alexandre Ouairy ne soit pas Chinois, Alexandre aurait répondu de son air taquin et désinvolte : “Vu que les Chinois font du faux Vuitton, je n’ai qu’à faire du faux art Chinois !”.

Alexandre Ouairy artiste

Ainsi naquit Tao Hongjing, d’une bravade qu’Alexandre nourrit dans un premier temps de l’humour complice de quelques galeristes dans la confidence. Il créa d’abord des œuvres directement abreuvées au clinquant et au tape-à-l’œil de l’esprit du “Premium”, sorte d’égrégore né des aspirations de la bourgeoisie chinoise naissante.

Puis, ventes aidant et chemin faisant, le travail de Tao Hongjing s’est accompagné d’une production soignée et d’une réflexion sur les phases transitoires et chaotiques du développement économique ultra-rapide de la Chine de 2000 à 2015.

On peut s’émerveiller devant l’ingéniosité de la stratégie qu’Alexandre Ouairy a mis en place avec le personnage de Tao Hongjing, poussant le cynisme jusqu’à le faire mourir pour spéculer sur son travail ; mais le plus étonnant est peut être que l’on n’arrive plus à savoir lequel des deux est le cheval de Troie et lequel joue le rôle du cheval de trait dans ce duo.

Est-ce que c’est Tao qui a ouvert la voie pour Alexandre auprès de lieux d’art et de galeries pour que ce dernier s’y fasse connaître ? Ou est-ce Alexandre qui a tiré les enseignements de la « pratique de Tao » ?

C’est ce que l’exposition AO / TAO HONGJING tentera de montrer.

Derrière ce vrai/faux double solo show en partenariat avec la galerie IFA Bruxelles / Shanghai, il sera donc intéressant de chercher les connivences entre les différentes œuvres présentées, et c’est informé de la supercherie que l’on pourra poser un regard complice sur le travail d’Alexandre Ouairy et de son double.

Exposition à Strasbourg

 

⇒ Y ALLER

Du 29 juin au 30 juillet, AEDAEN Gallery présente AO / TAO Hongjing, un double-solo show d’Alexandre Ouairy et de Tao Hongjing.

Ouverture du jeudi au dimanche, de 12h à 20h.

Vernissage le jeudi 29 juin à 18 heures en présence des artistes…

Aedaen Gallery – 1 rue des Aveugles – 67000 Strasbourg

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