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Convaincu que Strasbourg compte une pépinière d’artistes de folie, le chanteur Bo Johnson a décidé de se retrousser les manches et d’organiser une fois par mois les Strasbourg Live Session (SLS), réunissant des artistes aux univers éclectiques dans des lieux atypiques.

À la galerie d’art Horéa, au musée Vaudou, au salon de coiffure Yannick Kraemer prestige, au Star Saint-Exupéry et bientôt au café de l’Opéra (ou au Musée d’art moderne, soyons fous !), les premières « Strasbourg Live Session » de Bo Johnson ont trouvé leur public. L’idée ? Réunir le temps d’une soirée un DJ, plusieurs chanteurs et des performers (danseur, comédien, artiste peintre, sculpteur) dans des lieux hors du commun. « Quand je suis rentré de ma tournée de 8 mois au Canada et aux Etats-Unis, je me suis dit, « mais c’est dingue, on a des talents fous à Strasbourg, il faut qu’on se réunisse, que je crée un tremplin où tous les corps artistiques se rejoignent. », confie Bobby Atangana, alias Bo Johnson. Le chanteur de soul et de blues de 31 ans est aussi diplômé d’un Master 2 en marketing événementiel et management. « Après la musique, mon autre passion, c’est d’organiser des événements artistiques. Même si nous sommes tous d’univers différents, on se retrouve pour fêter l’art. »

 Bobby est courageux

En cette belle soirée de fin avril, direction le salon Yannick Kraemer prestige rue des Serruriers. Lumière tamisée, sets de DJ, doux effluves de cuisine africaine concoctée par la maman de Bobby, les premiers participants se retrouvent joyeusement autour d’une coupette en attendant les shows. Le maître des lieux, Yannick Kraemer, se réjouit d’accueillir la centaine de convives attendue dans son salon historique. «  Bobby est courageux. Il arrive à transformer des lieux qui ont une âme en leur donnant une autre âme. J’ai confiance en lui, c’est un artiste fantastique qui sait réunir d’autres artistes géniaux ! Je ne pouvais pas lui dire non. »
De son enfance difficile marquée par la mort de son père très jeune, de sa dualité qui lui a causé un mal-être certain, des gens qui lui ont fermé les portes ou essayé de briser ses rêves, Bobby a su tirer une force incroyable. « On m’a souvent bloqué les portes et fait comprendre que la différence nuit. J’en ai souffert dans mon enfance. Mais aujourd’hui, je préfère voir le beau et ne pas vendre la difficulté », sourit l’artiste. Alors, même s’il doit courir après les artistes pour les convaincre de se produire sans cachet – son rêve sera tout à fait accompli lorsqu’il pourra les payer – même s’il ne fait aucun bénéfice, même s’il doute parfois et qu’il fait la moue si son haut degré d’exigence n’est pas atteint, Bobby voit bien qu’il apporte un truc en plus à Strasbourg.
« Pour la première, je n’avais aucun partenariat, à la deuxième, j’en avais dix, pour la troisième, 18… C’est encourageant ! Au musée Vaudou on a accueilli 150 personnes, alors qu’on en attendait 80. » Pour récompenser les artistes, Bo a négocié des gratuités à ses partenaires. « La Music Academy international de Nancy, une référence dans le milieu, leur offre des formations. Nos artistes coups de cœur se produiront à la Fashion week de Strasbourg dont je suis devenu le directeur artistique. Certains pourront aller au Sankofa Soul contest, le premier tremplin soul international… » De beaux gestes à des perles trouvées par Bobby pour ses Strasbourg Live Session. À l’instar de la voix suave et puissante de Meelady, de l’énergie de dingue de Christopher Giroud et des pas envoûtants sur le Boléro de Ravel du danseur et chorégraphe Abdoulaye Konaté capable d’embarquer le public pour un pas de deux ! Sans oublier bien sûr la voix à coller des frissons de Bo pour qui le live est un moteur.

Et pourquoi pas au Canada et au Cameroun ?

« Après les SLS qui se dérouleront chaque année de janvier à juin, j’aimerais créer des ponts avec les festivals où je me produis au Canada ou au Cameroun. Je vois cela sous la forme d’échanges entre les artistes strasbourgeois et étrangers, à travers notamment l’enregistrement d’EP et, rêve ultime, la création d’un festival électro au Cameroun, mon pays d’origine. » D’ailleurs Bo ne se dit pas Français, mais « Camerounais-Alsacien » ou « Alsacien-Camerounais » : « J’adore Strasbourg, même si elle m’énerve parfois ! Quand je suis loin, j’ai toujours le besoin de revenir. »
Au moment où l’on écrivait ces lignes, Bo Johnson rêvait « d’obtenir » la place Golbéry pour organiser leur fête de la musique le 21 juin avec La Clandestine, RBS et la SLS. On a peu de doutes sur ses capacités de conviction…

À suivre sur la page Facebook Strasbourg Live Session

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