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En 2018, le Pixel Museum, musée du jeu vidéo à Schiltigheim, célèbre son premier anniversaire. L’occasion de revenir avec Mathieu Bernhardt, son régisseur général, sur cette entreprise ambitieuse.
Mathieu Bernhardt est né à Schiltigheim, comme le premier musée du jeu vidéo en France. C’est d’ailleurs un peu son bébé : il en est le régisseur général, aux côtés de Jérome et Véronique Hatton. Ensemble, ils ont eu l’audace de concrétiser leur rêve, en ouvrant le 1er musée permanent du jeu vidéo de France.

Pour comprendre leur projet, il convient d’abord de revenir sur leurs parcours. De Mathieu, particulièrement. Celui-ci, qui répète « ne pas faire être fait pour les études », est pourtant « sur- diplômé », avec 2 BEP et 1 bac Pro au compteur. Mais ce qui l’intéresse, c’est le terrain. Il a d’ailleurs privilégié les formations professionnalisantes, en alternance. Quel lien avec les jeux vidéos, me direz- vous ? Patience, on y arrive.

Malgré ses nombreuses qualifications et son intérêt sincère pour les domaines qu’il a étudiés, les opportunités ne se présentent pas. Comme il l’a fait à travers ses études, Mathieu va alors tracer son propre chemin. Au lieu d’investir dans une école privée, il rassemble ses économies pour ouvrir son concept store, quai Finkwiller. À partir de 2007, il en fait un lieu de vie à son image, les publics se croisent, et prennent le temps de se rencontrer, de partager. Le statut d’auto-entrepreneur n’ayant pas encore vu le jour à l’époque, il se lance sous le format de SARL à associé unique, en franchise pour 1€ symbolique.

Loin d’un parcours standard, il applique à la lettre l’adage selon lequel il vaut mieux avoir des remords que des regrets

À travers cette expérience, Mathieu se forme par lui-même, à la gestion notamment. Mais malgré sa bonne volonté, et en raison du contexte et du statut, il arrête 2 ans plus tard, avant de perdre de l’argent. Il n’a aucun regret : cette expérience représente la première marche de son parcours atypique. Il forge alors ce qui sera un de ses principaux traits de caractère : la confiance en son intuition et ses passions.
Loin d’un parcours standard, il applique à la lettre l’adage selon lequel il vaut mieux avoir des remords que des regrets.

Lorsque Mathieu rencontre Jérôme et Véronique, alors à la tête de la Ludus Académie, un feeling immédiat s’installe. Forts du succès de l’école de la création et du développement du jeu vidéo, présente à Bruxelles et Strasbourg, Jérôme place sa confiance en Mathieu et sa vision. Un premier projet voit le jour, via leur branche événementielle Ludus Events, et le festival Start To Play, le Festival du jeu vidéo, dès 2014.
Les rumeurs d’ouverture du premier musée du jeu vidéo vont alors bon train un peu partout en France… Du côté de Strasbourg, Jérôme disposait de la collection conséquente et de l’envie, Mathieu est venu donné l’impulsion qu’il lui manquait. C’était le moment. Pendant 1 an, ils se plongent dans la conception du musée, des travaux à la scénographie.

On ne pouvait pas ouvrir un musée sans une aide institutionnelle, notamment d’une ville

Mais Mathieu reconnaît : « On ne pouvait pas ouvrir un musée sans une aide institutionnelle, notamment d’une ville. » Ça sera celle de Schiltigheim, qui est venue les chercher, attirée par leur projet. Des démarches administratives, notamment les lourdes contraintes relatives à l’accueil du public, en passant par la mise à disposition du lieu, sous forme d’un partenariat, et même une campagne d’affichage, la ville n’a de cesse de soutenir le musée depuis ses débuts. Le maire lui- même, M. Jean-Marie Kutner, participe régulièrement aux vernissages, dès qu’il le peut.

Grâce à l’ensemble de ces synergies, Mathieu est fier de présenter un autre visage du jeu vidéo, au- delà des clichés, et de réaliser un travail de pédagogie, entrepris depuis plusieurs années déjà par Ludus. Et les grandes entreprises ne s’y trompent pas : Orange, Pearl diffusion, Athéo, Omnium, la Fondation Aquatique Show et l’Eurométropole font déjà partie de leurs partenaires. ARTE vient tout juste de les rejoindre, à travers l’inauguration d’une nouvelle salle de projection dédiée à la diffusion de leurs reportages sur les jeux vidéo.

Quand Mathieu dresse le bilan de cette première année, il estime que c’est une réussite, avec un total de 26 000 visiteurs dont 10% d’internationaux, et le surpassement de leurs objectifs. S’il se retourne avec fierté sur le chemin parcouru durant cette année, il n’en oublie pas pour autant les objectifs à la hausse qui les attendent. Ce qui transparaît du parcours des fondateurs du Pixel Museum, c’est avant tout une audace. Ils reconnaissent que la conjoncture s’y prêtait particulièrement, mais la clef semble avant tout résider dans une implication totale : ils ont eu le courage de leur passion, et se sont donnés les moyens de leurs envies.

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