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Quand Margaux et Martin seront des artistes reconnus, qu’ils auront atteint la constellation de leurs rêves, sur toutes les scènes de France et de Navarre, ils raconteront leur histoire, leur belle histoire qui a commencé il y a un an à peine. Ils ne se souviendront pas de la fraîcheur avec laquelle ils ont répondu à nos questions, les premières de leur carrière, même si pour eux ça veut dire beaucoup.

Pour être exact, tout a commencé lorsqu’ils sont tombés amoureux. Presque quatre ans. Car au départ, c’est une histoire d’amour, une rencontre entre deux êtres humains qui n’ont rien demandé à personne et qui se retrouvent dans les yeux d’un autre, qui se retrouvent dans la vie d’un autre.

De Sciences Po au Québec

Comme c’est leur première fois, ils s’enflamment, ils ont tendance à tout raconter, dans les moindres détails : qui a dit quoi quand et où, qui a mis le feu, la musique a toujours fait partie de leur vie, Martin a étudié le piano, Margaux a fait le conservatoire de piano et musique de chambre, elle a toujours aimé écrire, un roman sans doute un jour, mais c’est un peu tôt… Ils révèlent tout avec une innocence fascinante, mais pas question d’être indiscret, on ne retiendra pas tout ce qu’ils nous ont confié. Juste que l’histoire a commencé sur les bancs de Sciences Po Strasbourg, quand Martin, un petit gars du Nord avec son air de ne pas y toucher, qui aime Daho, le jazz et ne cache pas sa passion pour Star Wars, un ch’ti qui ne voit rien sans ses lunettes rencontre Margaux (son nom est Lucas, cela ne s’invente pas), une Bordelaise en fleur aussi jolie que joyeuse, avec la coiffure de la Belle au bois dormant dressée sur la tête, qui adore Cabrel, Lalanne et Brel. Ils se retrouvent ensuite par « un heureux » hasard, au Québec, dans le cadre de leur année à l’étranger à Sciences Po. Ils sont logés dans la même résidence. Ils ont une vingtaine d’années. Margaux prend ses premiers cours de chants et c’est décisif, car elle gardera une manière très québécoise de placer la bouche et la langue qui ne l’a plus jamais quittée et qui fait son style aujourd’hui, même quand elle parle.

Un 14 février providentiel

Jeunes diplômés, amoureux, ils trouvent du boulot, vivent ensemble, partis pour la vie, tout est parfait. Mais très vite, un évènement va tout changer. La Saint-Valentin 2017. Margaux n’a pas trop d’idée de cadeau, alors elle écrit une chanson pour Martin, « Le prince charmant… Toutes les filles de la terre ont rêvé d’un prince charmant qui à leurs parents saurait plaire… ». C’est une révélation. À partir de là, ils construisent leur rêve de vivre de leur art, d’être des artistes. Oublié leur destin tout tracé. Ils s’imaginent sur scène, ensemble, comme un prolongement de leur amour. Sciences Po mènent à tout et surtout à l’expression des opinions, la mesure des enjeux, on en sort l’esprit critique affûté : leurs chansons ne seront pas des poésies à l’eau de rose pour la Saint-Valentin et la téléréalité, elles seront forcément engagées, mais aussi drôles et pertinentes, ambitieuses ou décalées. Margaux écrit d’autres textes, d’amour, coquins, très coquins, très très coquins, déjantés, de belles histoires. Martin fait les arrangements. Puis, ils trouvent une première scène (La Ruche aux deux Reines), elle chante, il est au piano, parfois c’est le contraire. Elle, dans sa robe rouge flottante, lui dans sa chemise blanche avec bretelles rouges. Les débuts sont prometteurs : la fête de la musique, les Bibliothèques Idéales, le Cabaret onirique, Strasbourg mon amour, ils sont « demandés », les yeux émerveillés. Une vingtaine de chansons et de scènes plus tard, les oiseaux ont fait leur nid, mais le plus dur commence.

Ils partagent tout, même leurs frites

Depuis trois ans et demi, ils s’aiment et signent immédiatement pour la suite, une histoire d’amour, une carrière. Margaux et Martin réinventent le principe de l’âme sœur. Elle dit : « Avec Martin… » à chaque fois qu’elle commence une phrase. Lui est un peu plus effacé, mais le couple est du genre fusionnel sans pour autant s’asphyxier, rester ensemble pour combler un manque. Ils n’ont pas manqué d’amour et cela se sent dans leur façon de s’exprimer, de regarder, de se regarder, de se donner des frites pendant le déjeuner que nous partageons à la Brasserie WOW, au cœur de Strasbourg. Ils font de la musique ensemble, car ils sont ensemble, et vice versa. C’est le lien qui définit tout. Ils y croient. Chaque jour, ils bâtissent leur avenir et cela tombe sous le sens : bientôt « Miss 3 euros de l’heure », « La vie de couple », « Pomme d’amour » « La petite musique de haine » ou « La boîte à fantasmes » feront partie d’un album très « Culottés ».
À force de la raconter leur belle histoire, leur beau roman, leur romance d’aujourd’hui, ils ajouteront des kilomètres, des voyages, des tournées et des tourments et puis, un jour, quand l’envol sera déjà loin derrière eux, ils se souviendront de cette époque où tout était possible, où leur éblouissante jeunesse avait construit leurs ailes…

Photo : Caroline Quartier

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