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“Nos plus belles randos”, c’est une série de rencontres avec de jeunes Strasbourgeois qui racontent leur plus belle expérience dans la nature. En France ou à l’étranger, seul(e) ou à plusieurs, ces randos ou ces treks les ont touchés et ils nous décrivent comment.

Pour le deuxième épisode de notre série, je me suis installé à une table du Café Bâle avec Marie, étudiante en médecine à Strasbourg pour qu’elle me raconte ses plus belles randos.

Ranrupt ou la vie sauvage

Marie a grandi à Strasbourg, mais ses souvenirs d’enfance ont pour scène la forêt de Ranrupt. C’est dans ce village entre le val de Villé et la vallée de la Bruche que sa famille trouve ses origines. “Mon père y a grandi. Il allait déjà là-bas chez ses grands-parents quand il était enfant et c’est à lui qu’est revenue la maison familiale quand ses parents sont devenus trop âgés pour y habiter”.

C’est donc naturellement que Marie et ses frères y ont fait l’expérience de la nature. “Petits, on y allait tous les week-ends. Pour nous citadins, c’était un luxe de pouvoir jouer là-bas ! Je crois que ce sont mes premiers liens avec la nature. Dans cette ferme avec sa cheminée, son vieil escalier en bois qui grince et sa salle de bains qui, même petite, me paraissait déjà ancienne.”

Son papa lui transmet cette passion de la nature et de la montagne. “À l’adolescence, nos parents ont commencé à nous emmener chaque été une semaine en rando itinérante dans les Alpes. D’abord 3 jours, puis la semaine entière. Et on y allait en râlant ! Tous nos copains étaient à la plage. Mais une fois sur place c’était génial ! Être en itinérance nous motivait pour aller voir un autre endroit. Et puis avec les études c’est devenu plus compliqué de tous se retrouver…”.

Le camp de base de l’Annapurna

En 2017 et après deux années intenses en médecine, Marie décide de faire un break. “Je voulais faire un Erasmus mais dans ma formation, c’est très compliqué. Au fur et à mesure des galères administratives, je me suis dit que quitte à partir, autant faire mon projet. J’ai donc laissé tomber l’idée d’un Erasmus et je suis partie faire une année de césure”.

La destination ? À l’est, direction l’Asie pour 9 mois. “J’ai commencé mon voyage par un stage de 2 mois au Vietnam dans le service cardiologie d’un hôpital. Ensuite j’ai rejoint une association strasbourgeoise, Club Tibet, qui aide les réfugiés tibétains au Népal. Je les ai suivis sur place quand ils recensaient les besoins des écoles et des orphelinats. C’était vraiment des belles rencontres et des moments riches !”.

Pour les parents de Marie, il n’en faut pas plus pour la rejoindre et faire un trek en Himalaya. L’objectif est de rejoindre le camp de base de l’Annapurna en 8 jours. “On est partis de Pokhara, une ville au centre du Népal pour atteindre le camp de base à 4200m d’altitude” raconte la jeune femme. “C’était un trek accessible, si bien qu’il était très fréquenté. On était loin d’être isolés ! L’arrivée était splendide : on est partis très tôt pour atteindre le camp au lever du soleil. C’est un spectacle incroyable de voir les montagnes immenses autour de toi s’illuminer les unes après les autres, dans des tons roses ! Tu te sens si petit…”.

L’Allgaü

Marie rentre de son année de césure des étoiles plein les yeux au début de l’été 2018. Et très vite, l’envie de repartir en montagne se fait sentir. Alors avec Antoine, son compagnon, ils décident de partir faire un trek. Pour le jeune couple, réaliser un trek offre le sentiment d’être “hors du temps, hors des réseaux. Ça permet de se rendre compte qu’on a pas besoin de grand chose finalement”.

Ils jettent leur dévolu sur l’Allgaü, un massif des Alpes bavaroises à la frontière autrichienne. “On est partis d’Offenbourg en train pour Obertsdorf. C’était sublime ! Le premier soir on arrive au refuge alors que le soleil se couche. On voyait d’un côté la vallée d’où l’on venait et de l’autre, la suite de notre chemin”.

Les 3 premiers jours, ils réalisent des petites étapes sans trop de dénivelé. “Mais le 4e jour, notre itinéraire traversait un endroit magnifique qui était quasiment de la via ferrata. Il ne fallait pas avoir le vertige parce qu’on passait sur des échelles en métal, des ponts… Et au moment où on sort de ce passage technique, le déluge s’abat sur nous avec éclairs et tonnerre. On a quand même pu rejoindre le refuge, trempés”.

Malheureusement, le trek s’arrête plus tôt que prévu pour Marie et Antoine à cause de la météo. “On est redescendus un peu tristes. On avait ce sentiment que rien ne pouvait nous atteindre en haut. On évolue dans une bulle calme où tout est simple. Le soir au refuge, tu regardes d’où tu viens et c’est un sentiment génial de se rendre compte de ce que tu peux parcourir en une journée ! Quand tu marches tu penses à plein de choses et en même temps tu ne penses à rien. Et une fois arrivés à Oberstdorf, qui est quand même un petit village, on se sentait oppressés !”.

Retour à Strasbourg le soir même mais “hors de question de rester en ville !”. “Ce retour était tellement précipité… On a fini notre semaine de vacances à Ranrupt. Il nous a fallu quelques jours pour accepter, mais ça reste l’une de mes plus belles randos, sans hésiter ! C’était tellement beau et agréable”.

Les rêves de rando de Marie se tournent aujourd’hui vers la France : “en septembre prochain, j’aimerai faire le tour du Mont Blanc ou le GR20. Toute seule si personne veut m’accompagner. Marcher seule sera une nouvelle expérience pour moi. Ce n’est pas quelque chose qui m’ennuie, au contraire je suis plutôt solitaire de nature. Mais j’ai une amie rencontrée à Katmandou qui serait motivée pour m’accompagner !”.

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