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À peine âgé de trois ans, il skiait déjà, avec ses parents, sur les pistes les plus douces du Champ du Feu. Vingt ans plus tard, le Strasbourgeois Thibaut Favrot vient d’intégrer l’élite du ski français et ne doute pas une seule seconde qu’il va progresser aux côtés des meilleurs slalomeurs géants du monde…

La nouvelle est tombée il y a quelques semaines et ce solide gaillard la commente avec la joie dans la voix : « Moi qui, depuis cinq ans, m’entraînais avec le groupe B, celui de la Coupe d’Europe, je m’entraîne désormais, depuis début juin, avec l’équipe de France de Coupe du monde de slalom géant. C’est un rêve qui devient réalité : pendant tout cet été, je vais travailler chaque jour avec la meilleure équipe de slalom géant du monde, l’équipe de France. Quatre de ses skieurs sont dans les quinze meilleurs mondiaux, les quatre autres dans les trente-cinq meilleurs. »

Un rude programme d’ici octobre prochain

« Je réalise à peine que je vais travailler avec des stars du ski, comme Alexis Pinturault » (trois médailles olympiques, un titre de champion du monde et deux fois vainqueur de la Coupe du monde du combiné –ndlr) poursuit-il, « ou encore Steve Missilier, le médaillé d’argent des Jeux de Sotchi. Ce sont des skieurs qui m’ont fait rêver quand j’étais plus jeune et je vais donc m’entraîner à leurs côtés. En ce mois de juin, on démarre un sacré programme qui doit nous amener au top pour l’ouverture de la prochaine saison, fin octobre prochain en Autriche. Jusqu’à fin juillet, on va suivre une intense préparation physique au Centre d’entrainement National du ski français, à Albertville. À partir de début août, on va chausser les skis sur le glacier des Deux Alpes puis ce sera le grand départ pour les montagnes de l’hémisphère sud où ce sera l’hiver. On s’entrainera à Ushuaïa, en Argentine pour être fin prêt pour la fin octobre et la première étape de la saison, sur le glacier autrichien de Solden… »

Quel parcours que celui de Thibaut Favrot. De ses débuts il y a vingt ans au Champ du Feu, il se souvient du plaisir ressenti aux côtés de ses parents, les dimanches ou durant les petites vacances scolaires. « À six ans, mes parents, voyant que cela me plaisait et me voyant à l’aise sur les planches, m’ont inscrit au Club des Skieurs de Strasbourg et j’ai commencé le cycle des entrainements du mercredi et du dimanche, toujours au Champ du Feu et quelquefois, au Col du Bonhomme. Ça m’a plu sans cesse, de plus en plus ! Vers dix ou onze ans, j’ai intégré le groupe Alsace Ski Compétition du Comité du ski du Bas-Rhin et je dois à mon entraîneur, Dany Iselein, la paternité de la construction de mon projet sportif. Grâce à lui, je me suis mis à penser au haut niveau. J’ai en effet débuté très bas, au niveau des courses régionales : sincèrement, je n’étais pas bon, je n’avais pas le niveau. Avec les années, j’ai rattrapé mon retard, j’ai atteint le niveau national, je me sentais de mieux en mieux. J’avais quinze ans quad je suis entré sur la scène internationale mais il m’a fallu attendre l’âge de dix-huit ans pour intégrer l’équipe de France de ma catégorie. Ce fut un très long chemin… »

Un mental, de guerrier

Côté études, Thibaut a mesuré très vite les efforts qu’un sportif de haut niveau doit effectuer : « Dès le collège, je loupais déjà pas mal de cours car les compétitions étaient quelquefois en semaine. Pas possible, pour les mêmes raisons, de m’inscrire au lycée à Strasbourg alors j’ai intégré les rangs du lycée de Sainte-Marie-aux-Mines pendant deux ans avant d’être accepté au lycée du pôle France, à Albertville, où on peut suivre ses cours pendant l’été. Ce fut une super chance. J’ai eu mon Bac S en 2013 puis j’ai passé mon DUT Techniques de commercialisation trois ans plus tard. Je me suis inscrit en Licence mais sincèrement, c’est ma carrière sportive qui est devenue aujourd’hui ma priorité. Car cette intégration dans le groupe Coupe du Monde est une porte qui s’ouvre pour aller beaucoup plus haut. Les moyens d’entraînement dont je vais disposer dans un mois vont être exceptionnels, les budgets déployés sont beaucoup plus importants, le staff d’entraineurs aussi. Franchement, c’est le top. L’équipe de France est si forte, je vais pouvoir progresser avec elle. Maintenant, je la tiens ma chance et il ne faut pas que je la laisse glisser entre mes mains ! Plus jeune, je sentais que mon faible était le mental. C’est sûr que venant de si loin, de la plaine d’Alsace alors que tous les autres sont des montagnards, fils de moniteurs de ski, je vais être un peu différent de mes coéquipiers mais mes origines m’ont forgé un mental de guerrier. Et je compte bien m’en servir et en profiter… » conclut Thibaut Favrot .

Sûr que le sachant désormais au cœur du saint des saints, on va suivre la saison de Coupe du monde de slalom géant dès l’hiver prochain avec un œil beaucoup plus attentif…

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