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« On s’est quitté bons amis, « Le Coq » a été très correct », raconte le Strasbourgeois Thierry Batteux quand il évoque la saga « Bleu de chauffe », une marque de sacs à la fois contemporaine et « work wear » qu’il a créée avec le styliste spécialiste en maroquinerie Alexandre Rousseau en 2009. Il y a dix ans…

Flash-back : en 2009 donc, crise oblige, Thierry quitte son poste de responsable marketing à l’enseigne strasbourgeoise du « Coq Sportif », filiale de la marque « Adidas » pour laquelle il était venu s’installer en Alsace.
Jeune cinquantenaire à l’époque, il décide de « créer sa boîte » plutôt que de « perdre son énergie » dans la recherche aléatoire d’un nouvel emploi. Il s’associe alors avec un « vrai créatif », le designer maroquinier Alexandre Rousseau avec qui il avait déjà collaboré pour « Le Coq sportif ». Ensemble ils ont alors créé « Bleu de chauffe » en s’inspirant pour leur collection – uniquement « homme » à l’époque – des sacs de métier.

Dénicher l’oiseau rare

« Nos premiers modèles déclinaient les sacs de plombier », raconte Thierry, « mais la difficulté était de trouver quelqu’un capable de les fabriquer à un coût abordable ». « À cette époque les maroquiniers venaient de l’industrie du luxe et n’avaient pas trop la notion de coût de revient… »
Julien Hanchir, véritable oiseau rare, fut déniché « par hasard » au « Sac du berger » entreprise aveyronnaise utilisant les techniques préconisées par Thierry et Alexandre. « Julien est très atypique », raconte Thierry.
« International belge de Rugby et fan de chevaux, il s’est formé à la sellerie ce qui lui donne la pratique nécessaire à la fabrication si spécifique, solide et soignée des sacs « Bleu de Chauffe » pour qui il a fondé son propre atelier dans le Larzac.»

2012, première collection « Femme »

Cinq cents pièces déclinées en trois modèles ont été fabriquées et vendues en 2009. Un bon début mais pas le Pérou. « Trois ans sans salaire, nous avons vécu sur nos réserves. Nos compagnes ont été très compréhensives… »
Les deux associés s’obstinent. « Alexandre avait envie de développer la marque, toujours en alliant sacs de métier et sacs contemporains. Il a créé des modèles de porte-documents et de sacs de médecin en gardant les codes du concept ». Est née ensuite une collection de petite maroquinerie (portefeuille etc.) et puis – en 2012 – la première collection « femme ».

500 sacs par an en 2009, 15 000 aujourd’hui !

Aujourd’hui, « Bleu de chauffe » fabrique 15 000 pièces à l’année et a inauguré de nouveaux locaux à Saint-Georges de Luzençon, au pied du viaduc de Millau. Toujours strasbourgeois, Thierry s’y rend régulièrement. Julien s’y est quant à lui installé « mais en indépendant ».
La marque fabrique 95 % de la production, le reste, c’est-à-dire « les très petites séries », est du ressort de Raymond Wathlé, un artisan « ancien de la chaussure » installé à Bitschoffen en Alsace. C’est lui qui est en charge de la mise au point des sandales « Bleu de Chauffe » qui seront commercialisées en 2019. Conçues dans l’esprit de la marque, déclinées en collections « Homme » et « Femme », elles font déjà l’objet de commandes venues… du Japon !
Grâce au site la marque est en effet connue au-delà de la France. Au Japon mais aussi en Chine, en Corée, aux Etats-Unis… Quelque 120 points de points de vente physiques complètent cette distribution Internet. Ils se situent en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et bien sûr en France. A Strasbourg, c’est dans la Boutique « Algorithme » rue Gutenberg qu’il faut se rendre pour découvrir les sacs « Bleu de chauffe ».

« Made in France » et 100 % artisanal

Souplesse des cuirs naturels et traités végétal dans une tannerie qui apporte le plus grand soin à la qualité de l’eau relâchée dans la rivière, beauté des coloris, coupes « bords francs », solidité à toute épreuve, maniabilité des modèles… On craque pour ces sacs « made in France », à la fabrication 100 % artisanale. Intemporels, ils sont faits pour durer et la patine des jours ne fait qu’ajouter à leur beauté.
Au départ, Thierry et Alexandre avaient songé à appeler leur marque « Musette » mais d’autres y avaient pensé avant eux… Ils sont alors revenus à leur première idée : « « Bleu de Chauffe » qui résume bien l’esprit du produit ».
Désignant au départ la veste de travail des ouvriers du XXe siècle, cette expression survit dans le langage populaire. « Mettre son bleu de chauffe » c’est… retrousser ses manches, aller au charbon. Tout comme l’ont fait Thierry et Alexandre il y a dix ans.

www.bleu-de-chauffe.com

 

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