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Petit caprice

 

Sony, Sharp, Mitsubishi et j’en passe, le Japon est dans l’imaginaire collectif le pays des innovations technologiques, des jeux vidéo et des robots.

Il est vrai qu’ici, tout ce qui pouvait être automatisé l’a été (et souvent bien avant tout le monde) et on continue d’ailleurs sur cette lancée (avec à venir des garages à vélos robotisés). Pour les fans de high-tech le Japon c’est donc déjà un peu le futur. Pour ces derniers il existe même un lieu de pèlerinage, situé dans le cœur de Tokyo : Akihabara (Akiba pour les branchés, c’est le cas de le dire).

Ce quartier est en effet quasi exclusivement consacré aux nouvelles technologies (électronique, appareils ménagers, etc.), aux jeux vidéo (consoles, ordinateurs) et aux mangas (animés, livres, figurines). C’est le paradis des otakus (ces passionnés qui passent leurs journées enfermés chez eux, plongés dans leurs écrans ou leurs bande-dessinées). C’est aussi le quartier des touristes, souvent Chinois, qui débarquent en bus entiers à la recherche du dernier gadget ou de la bonne affaire Made In Japan.

On croise ainsi au milieu d’un boucan de tous les diables (chaque magasin qui a pignon sur rue paie un employé qui appâte le chaland à grand renfort de micro et d’enceintes à plein volume), des hordes de consommateurs pressés, submergés de paquets et qui parfois tiennent les comptes à même le trottoir. Il est vrai qu’on peut littéralement tout trouver à Akiba.

Il y a l’avenue principale avec ses enseignes lumineuses mais aussi les petites ruelles, moins criardes avec leurs magasins aux airs de stocks d’usine et où vous pouvez dénicher la moindre pièce détachée ou n’importe quelles consoles de jeux jamais inventées. A cela s’ajoute les magasins de jouets et autres figurines. Des buildings de dix étages consacrés uniquement à des personnages de dessins animés, films, jeux vidéo ou mangas, minutieusement classés, étiquetés et placés derrières des vitrines, comme de petites œuvres d’arts.

Quand on connait la taille moyenne d’un appartement japonais, on se demande bien où les acheteurs vont mettre tous ces ramasses poussière. Voilà pour la carte postale et c’est d’ailleurs pour cet aspect typique du Japon futuriste que vous trouverez ce quartier recommandé dans tous les guides de voyages…

Mais ce que les guides oublient de vous dire, c’est que Akiba, c’est aussi le quartier du jeu (le Pachinko notamment, sorte de croisement contre-nature entre un flipper et une machine à sous), des Maid Café (cafés à l’étage, à l’abris des regards où des jeunes filles déguisées sont censées être là pour vous servir un café ou jouer à un jeu de société) et des sex shops ! Le tout étant évidemment souvent tenu par la mafia (locale ou pas, les Coréens ayant réussi à s’implanter assez largement sur ce créneau, comme quoi, le Made In Japan a du souci à se faire).

Personne n’a réellement besoin de ça

C’est donc toujours gênant de voir un papa en vacances avec sa famille se faire tendre un prospectus dans la rue par une demoiselle habillée en soubrette… Vous, vous êtes venu parce qu’une brasserie traditionnelle japonaise n’a rien trouvé de mieux que de mettre son seul bar dans ce quartier alors forcément, vous avez jeté un coup d’œil alentours. Après avoir perdu plusieurs centaines de yens au pachinko (juste pour essayer de comprendre comment ça marche, en vain) et refusé une bonne dizaine d’invitations à “aller boire un café“, vous êtes finalement rentré dans un de ces magasins de jouets.

Vous n’êtes pas un grand fan d’animation japonaise en revanche gamin, vous avez toujours aimé les robots… surtout les grands !!! C’est là qu’entre les étagères de verre vous tombez sur un modèle que vous aviez justement (jusqu’à ce tragique accident dans les escaliers). Vous n’avez clairement pas besoin d’un robot armé jusqu’aux dents et qui mesure bien 45cm de haut. Mais techniquement personne n’a réellement besoin de ça et puis là il s’agit surtout de dénouer un traumatisme d’enfance : c’est important !

Dix minutes plus tard vous êtes de retour dans le vacarme de la rue, votre immense paquet sous les bras (la boîte fait le double), heureux comme un gosse vous vous demandez maintenant où vous allez mettre ça une fois rentré chez vous.

 

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