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Le Golden Gai

 

Il est un endroit atypique à Tokyo, un de ceux qui ont conservé le charme du passé ainsi qu’une part de mystère : le Golden Gai. Ce petit quartier dans l’arrondissement de Shinjuku existe depuis les années 50, résistant fièrement aux projets immobiliers colossaux d’immeubles modernes, hôtels et autres boutiques environnants. Ici, pas de constructions futuristes. Cet espace, l’équivalent d’un terrain de foot, est un quadrillage de six ruelles qui regroupe plus de 200 bars de plain-pied avec parfois juste un étage au-dessus (de quoi loger le propriétaire, tout au plus). Des établissements minuscules, alignés les uns à côté des autres avec, la plupart du temps, un simple comptoir et quelques tabourets.

On s’aventure dans ce dédale pour le côté intimiste des lieux, certains affichant même clairement leur refus de servir des étrangers. Si l’on vient ici pour faire la fête, on vient surtout pour y retrouver d’autres habitués, converser avec le patron.

Hors du commun

Dans les ruelles éclairées par les enseignes tout est calme, on entend seulement la musique et les rires en sourdine derrière les portes. C’est un lieu parfait pour sortir incognito et de nombreuses stars internationales ont leurs habitudes au Golden Gai. Si ce soir vous êtes dans ce quartier c’est que vous avez entendu parler d’un établissement tout particulier tenu par une patronne elle aussi hors du commun. L’endroit que vous cherchez s’appelle La Jetée, en référence au film de Chris Marker et c’est évidemment un repaire de cinéphiles.

Dans la rue, rien n’indique la présence d’un bar. Il vous faut trouver une porte en fer sur laquelle est dessiné un gros chat gris. Vous tombez immédiatement sur une cage d’escaliers très raide décorée d’affiche de films français. Arrivé en-haut, vous débouchez sur une minuscule pièce sans fenêtre avec un banc d’angle à votre gauche et un comptoir à votre droite. C’est derrière celui-ci que vous attend Madame Tomoyo Kawai, la tenancière des lieux.

Cette gentille dame vous accueille en anglais, puis, comprenant d’où vous venez, bascule dans un français parfait. Vous vous retrouvez ainsi à parler cinéma et littérature avec cette francophile convaincue, le tout en dégustant du fromage et de l’alcool de prunes. Vous remarquez derrière elle les bouteilles des habitués qui trônent fièrement sur les étagères, attendant que Tarantino ou Coppola repassent boire un verre. Sur fond d’Erik Truffaz, vous passez là un bon moment à écouter Mme Kawai vous parler de votre propre pays, de la Nouvelle Vague et de Baudelaire.

Une fois dans la rue vous vous dites que la prochaine fois qu’un ami viendra vous visiter au Japon, vous lui demanderez de vous rapporter le dernier numéro des Cahiers du Cinéma, cela fera un bon prétexte pour repasser au Golden Gai.

 

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