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Médecins sans frontière

 

Vivre à l’étranger, c’est changer ses habitudes. Si se mettre à un différent régime alimentaire ou s’adapter à un autre météo est assez facile, certaines façons de faire sont plus déconcertantes à intégrer.

Tout ce qui touche au corps et notamment à la santé constitue ainsi un pan de la culture auquel vous n’aviez de prime abord pas pensé. Evidemment, avant de partir pour un an à l’autre bout du monde vous aviez fait le tour des médecins et spécialistes et rempli votre valise de vos médicaments habituels histoire d’être rassuré, mais vous saviez bien qu’à un moment ou à un autre il vous faudrait vous confronter au milieu médical nippon.

Affûter son numéro de mime

Le premier souci c’est évidemment la langue, toujours difficile de choisir une boîte de médicaments ou d’expliquer ses symptômes quand vous ne comprenez rien à ce qui est écrit ou à ce qu’on vous dit. Pour un mal de tête ou une gorge prise vous vous en sortez, les dessins sur les boîtes sont assez explicites et vous avez bien travaillé votre numéro de mime à la caisse. Le plus dur au final a été de trouver où vous rendre exactement pour acheter des médicaments.

Il existe en effet beaucoup de parapharmacies (une toutes les deux rues) où vous pourrez acheter de la lessive, des traitements courants, mais aussi… des cigarettes, le tout servi par des vendeurs en blouses vertes… Les vrais pharmacies, elles, sont plus discrètes et moins fréquentes et on y prépare vos médicaments spécialement pour vous et sous ordonnance uniquement. Voilà pour les petits bobos.

La concurrence est rude entre les cliniques et cabinets

Pour le reste, pas de raison de paniquer non plus, vous êtes à Tokyo, et niveau médecine les Japonais sont très pointus. Ici, cependant, c’est le même système qu’aux Etats-Unis, les cliniques et cabinets pullulent et la concurrence est dure, impossible donc pour le patient de savoir s’il est dans la salle d’attente d’un charlatan ou d’un expert. La santé est avant tout un business et on vous traite comme un client.

Pour l’expatrié, plus encore que pour le natif, pousser la porte d’un spécialiste c’est toujours craindre d’être plumé, surtout quand la barrière de la langue brouille les informations. Un après-midi, au goûter, une molaire vous a lancé alors que vous dégustiez une glace à la patate douce (si, si, et c’est même très bon). Il fallait vous y attendre, à force de goûter toutes les sucreries que vous voyez ! Cette douleur vive ne trompe pas, vous êtes bon pour une petite visite chez le dentiste…

Maniez-vous le katana ?

Peureux et douillet, vous aimeriez éviter de tomber chez un arracheur de dents car les Japonais sont réputés pour leur résistance à la douleur (note pour les mamans : au Japon, le recours à la péridurale est extrêmement rare). Ici, c’est l’esprit du Bushido qui prédomine, ce Code des Samouraïs qui veut qu’on ne laisse entrevoir aucune faiblesse (ce qui explique également qu’il n’y ait pas de psychologues au Japon !). Mais vous ne maniez pas le katana et vous voulez juste pouvoir manger des sucreries sans vous tenir la joue.

Heureusement, en cherchant sur Internet, vous trouvez un dentiste qui a étudié en France et qui parle français (sur son site il précise même qu’il prend en compte le rapport à la douleur des occidentaux, c’est vous dire combien nous sommes inégaux ce sur ce point-là). Le rendez-vous est pris et vous vous retrouvez un samedi matin, dans vos petits chaussons, dans la salle d’attente du Dr Nago. La cinquantaine, grisonnant, il parle un français parfait et prend mille précautions pour vous éviter toute douleur (le tout sur un air de flûte). Le moindre geste est accompagné d’une explication et l’on s’assure à chaque fois que vous êtes toujours à l’aise.

On vous fait une radio (l’occasion pour le bon vieux docteur de découvrir la mode occidentale du piercing) et après un petit soin sur cette molaire on vous raccompagne au bureau, toujours en chaussons. En payant la consultation (un tarif somme toute normal), vous remarquez la carte de visite d’un restaurant français, l’occasion pour vous d’étrenner cette nouvelle dent.

 

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