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Un petit goût d’Occident

Après plusieurs mois passés à Tokyo a travailler chez vous, vous vous êtes décidé à chercher un bureau. Avec un ami vous avez déniché un petit appartement dans une tour, 30m2 de béton et de verre, l’espace idéal pour s’installer. Mais cela veut surtout dire emménager et comme toutes nouvelles démarches au Japon, c’est là que l’aventure commence. Vous pensiez pouvoir trouver une marque locale où vous fournir en meubles, hélas, qualité japonaise oblige, tout est très cher, même dans leur entrée de gamme. Ne reste plus qu’une seule solution : Ikéa. Et oui, la filiale suédoise a réussi à percer au Pays du Soleil Levant et on y retrouve quasiment les mêmes produits, le célèbre restaurant et la foule !

Voyage en terre connue

Un matin, vous prenez donc votre courage à deux mains et partez pour une expédition à l’autre bout de la ville. Le magasin est à Yokohama, dans la banlieue de Tokyo, ce qui veut dire, métro, train et, évidemment, un tour dans le bus bleu et jaune :une expédition d’une heure et demi juste pour l’aller. À peine débarqué vous sentez un air de déjà vu et sur le moment cela fait presque plaisir de retrouver un magasin tout à l’identique, comme en Europe. Mais la nostalgie disparaît vite car le monde aussi est là et discipline nippone ou pas, c’est littéralement la cohue. Il faut dire que malin comme vous êtes, vous avez choisi un jour férié pour venir (avec le peu de congés que les Japonais ont, il fallait vraiment le faire).

Equipé de votre sac jaune, de votre mètre ruban et de votre crayon, vous arpentez les mêmes allées que vous avez connu en France à cela près que certains meubles sont plus petits, standards japonais obligent (les canapés notamment). Vous connaissez donc le terrain et la stratégie à adopter, vous coupez entre les mises en scènes et foncez jusqu’aux zones qui vous intéressent. Surtout ne pas se laisser distraire, se contenter de prendre ce qui est noté sur la liste.

Au milieu des cris d’enfants et des couples exténués vous trouvez enfin le bureau que vous cherchiez. C’est un gros colis, pas de ceux qu’on emporte à la fin, il faut s’adresser à un vendeur pour qu’il le réserve. Vous avisez le poste d’un employé au gilet caractéristique. En vous voyant approcher, il se cache un peu derrière son ordinateur, hélas, impossible de fuir, la confrontation va avoir lieu. Pas le temps d’ouvrir la bouche, on vous tend une notice explicative en anglais (Ikéa est évidement LE magasin où viennent se meubler les gaijins), mais vous êtes venu avec votre ami qui parle japonais. Ce dernier prend les choses en mains, c’est là qu’un autre employé vous accoste, persuadé que vous aussi vous parlez japonais et commence à vous d’écrire par le menu les différents éléments du bureau. Vous n’osez pas l’interrompre et utilisez toutes les onomatopées possibles pour sanctifier le savoir-faire suédois. Après cinq minutes en mode voyelles, votre ami vous délivre, la commande est validée, vous remerciez ces employés zélés et continuez votre quête.

Suivez la liste !

Sur la fin vous faites forcément une entorse à la règle « suivre la liste » et une plante dans les bras, vous passez enfin en caisse. Reste maintenant à se rendre au comptoir des livraisons. Vous croyez comprendre qu’il vous faut emballer vos objets avant de les déposer. Tout le nécessaire est à votre disposition, papier, scotch, carton et vous vous faites un devoir de tout emballer soigneusement, à la japonaise. Arrive votre tour pour faire enregistrer votre livraison, on prend vos colis en charge et une jeune femme … re-déballe tout devant vous. Vous tendez l’adresse de votre bureau, votre ami là encore, vous aide à vous faire comprendre mais au moment où vous montrez la plante, les bras croisés (le « non » japonais) du monsieur en gilet bleu et jaune ne trompent pas, il faudra la ramener avec vous. On vous laisse là, à l’autre bout de la ville avec votre ficus de deux mètres de haut.

Au retour, dans le métro, vous mâchez vos Dains, plante sur les genoux au milieu des regards et vous vous dites qu’un de ces jours, c’est un nouvel appartement où vivre qu’il vous faudra chercher. Encore une aventure.

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