Temps restant : 8 min

À la rencontre des dieux

 

Comme beaucoup d’autres régions d’Asie, le Japon est le pays des temples. Plus ou moins grands, plus ou moins somptueux, chaque ruelle, chaque quartier a son lieu de culte, ouvert à tous et où l’on se recueille à tous moments. Une petite prière le matin avant d’aller au travail, une offrande le soir en sortant du métro, sans compter évidemment les célébrations annuelles en grande pompe. Pour vous, il faut bien l’avouer, ces temples sont avant tout des visites touristiques. Pour la plupart richement décorés, ces lieux chargés de couleurs, de dorures et au panthéon bien fourni offrent un spectacle dont vous vous ne lassez pas. À force de les visiter et de les prendre en photo vous avez commencé à doucement vous intéresser aux lieux de cultes et aux différentes pratiques, plus par politesse que par piété, même si il faut avouer que religions et dieux japonais sont troublants.

Certains tapent fort dans leurs mains pour attirer l’attention de l’esprit, d’autres non pour ne justement pas les déranger

Il y a évidemment le bouddhisme, religion qui relève plus de la philosophie et qui suit les préceptes de Bouddha, ainsi que le shintoïsme (aux sanctuaires marqués à l’entrée par un portail rouge appelé torii) qui célèbre le culte des kami, ces esprits qui habitent la nature. Pour vous épargner les foudres d’une divinité locale vous avez donc entrepris d’observer les locaux afin d’éviter tout impair. C’est là que ça se corse. Impossible de connaître le bon protocole à suivre. Chaque japonais fait autrement (comme si on se signait à l’envers !).  Certains tapent fort dans leurs mains pour attirer l’attention de l’esprit, d’autres non pour ne justement pas les déranger. Le pire c’est qu’on veut en toute gentillesse vous apprendre ! On vous regarde faire du coin de l’œil puis l’on vous montre en souriant. C’est adorable mais on ne vous montre jamais deux fois le même mouvement. Parfois on vous prend par la manche pour vous montrer une statue de Bouddha en vous disant que cela fera une belle photo alors que le bonze pas loin fait les gros yeux (nous n’aviez pas vu le panneau interdisant justement de lui tirer le portrait).

Gymnastique spirituelle

Normalement, quand vous rentrez dans un temple shintoïste, il vous faut vous incliner à l’entrée, devant le torii justement, puis vous purifier à la fontaine (chozuya). Là vous vous rincez la bouche et les mains. Ensuite vous allez au temple, faire sonner la suzu (grosse cloche), son son va attirer le dieu du lieu qui sera alors tout ouïe. Après vous être acquittés d’une offrande (une pièce de 5 yens que vous jetez dans le saisen bako (une sorte de grosse boîte). Vous vous inclinez (deux fois), vous frappez dans vos mains, faites votre vœu puis vous vous inclinez à nouveau. Une petite gymnastique qui vaut bien une génuflexion. Il est également possible d’allumer une bougie ou de brûler un bâton d’encens (là vous connaissez là façon de faire). Voilà pour la théorie. Vous vous dites que même si vous faites quelque chose de travers, l’important est de toujours faire preuve de respect et comptez en définitive sur la miséricorde de ces dieux du bout du monde pour vous excusez vos faux pas.
Au passage, vous pouvez également faire l’acquisition d’amulettes porte-bonheur et transporter ce bon présage partout avec vous, accroché à votre sac ou à votre téléphone portable !

Même si toutes ces pratiques vous ont paru obscures au début, elles revêtent désormais une vraie importance et se font en toute simplicité. Les croyances sont ici intimement imbriquées dans le quotidien et si les gens lavent à grands coups de jets d’eau leurs entrées au petit matin, c’est moins par souci de faire reluire le trottoir que de purifier l’espace (par référence aux rites shintoïstes). Vous n’avez pas de tuyaux d’arrosage chez vous, mais un petit coup de balai ne fait de mal à personne et si cela peut vous mettre dans de bonnes dispositions pour la journée, pourquoi pas.
Profane et religieux cohabitent, le premier se laissant aller à la superstition et le second gagnant en vitalité. Rien ne vous surprend donc quand par hasard vous tombez un dimanche matin sur un marché aux puces organisé dans l’enceinte d’un temple … Lieux de culte mais aussi lieux de vie et qui sait même d’ailleurs se moderniser. Le week-end dernier vous avez ainsi prié devant un automate de Enma , le dieu des Enfers qui après que vous ayez jetez une pièce, vous a gratifié d’une prière sous forme de show son et lumière. À quand l’amulette clé USB ?

> Lire l’épisode 1

> Lire l’épisode 2

> Lire l’épisode 3

> Lire l’épisode 4

> Lire l’épisode 5

> Lire l’épisode 6

> Lire l’épisode 7

> Lire l’épisode 8

> Lire l’épisode 9

> Lire l’épisode 10

> Lire l’épisode 11

> Lire l’épisode 12

> Lire l’épisode 13

> Lire l’épisode 14

> Lire l’épisode 15

> Lire l’épisode 16

> Lire l’épisode 17

> Lire l’épisode 18

> Lire l’épisode 19

> Lire l’épisode 20

> Lire l’épisode 21

> Lire l’épisode 22

> Lire l’épisode 23

> Lire l’épisode 24

> Lire l’épisode 25

> Lire l’épisode 26

> Lire l’épisode 27

> Lire l’épisode 28

> Lire l’épisode 29

> Lire l’épisode 30

> Lire l’épisode 31

> Lire l’épisode 32

> Lire l’épisode 33

> Lire l’épisode 33

> Lire l’épisode 34

> Lire l’épisode 35

Lire l’épisode 36

Lire l’épisode 37

Lire l’épisode 38

Lire l’épisode 39

Encore + Or Piste

Tout Or Norme format poche

Restez connectés avec l’Art, la Culture et les projets Or Norme.

  • Télécharger dans l'AppStore
  • Disponible sur Google Play

Or Norme : tous les jours.

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières actualités strasbourgeoises.