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Police partout

Il est un avantage que vous n’aviez pas prévu en vous installant au Japon : c’est un pays très sécurisant. Alors oui, il y a des typhons et des tremblements de terre, mais pour ce qui est de la criminalité et autres faits de petite délinquance, le Japon est un des pays les plus sûrs au monde.

Vous avez vite remarqué qu’ici personne n’a à se soucier des pickpockets (les portefeuilles dépassant largement des sacs et des poches de pantalons) et que les vélos sont laissés dans la rue sans cadenas quand ce n’est pas les clés qui restent sur le contact d’un scooter ou d’une voiture devant un konbini. Vos amis japonais vous ont même appris qu’il était courant de partir de chez soi en laissant la porte ouverte. Un objet de valeur ou même de l’argent trouvé par terre auront de fortes chances d’être ramenés au commissariat local ou à l’accueil du métro le plus proche. Bref, rien à craindre dans la ville de Tokyo et désormais, vous aussi, vous laissez sur la table smartphone et affaires personnelles quand vous allez aux toilettes dans un café. Même chose pour ce qui serait des éventuelles échauffourées de fin de soirées, ici tout se passe en toute sérénité, même à des heures tardives en plein quartier dit « de la fête ». Aucun débordement donc et ces dames sont elles aussi tranquilles, personne ne viendra les importuner dans la rue (ou ailleurs) de jour comme de nuit. Comme un air de paradis au regard de ce que vous avez pu vivre parfois en France et vos amis japonais de revenir choqués de leur séjour en Europe, littéralement détroussés à peine sortis de l’aéroport.

Mais alors à quoi sert la police au Japon ?

Pour les Japonais en effet, violence, vol et insécurité sont des choses inconcevables. Cela s’explique de diverses façons : des traces du bushido (le code d’honneur des samouraïs) encore prégnantes, un niveau de vie élevé, une politique migratoire protectionniste (voire carrément isolationniste) et la pratique de la peine de mort (par pendaison !). Évidemment cette société en apparence pacifiée cache en réalité une autre forme de criminalité, celle bien connue des gangs organisés que sont les yakuza. Prostitution, racket, jeux d’argent, drogue, les mafieux ont la main sur tous les business du vice et ce aux yeux de tout le monde. Il faut dire que l’état nippon lutte peu (pour ne pas dire pas) contre ces criminels qui, en échange de leur impunité, éradiquent la petite délinquance (mauvaise pour les affaires). Mais alors à quoi sert la police au Japon ?

Justement, vous vous le demandez bien. Les koban, petits commissariats de proximité, sont ouverts 24/24h et leurs gardiens (armés d’un simple bâton de bois) passent la majeure partie de leur temps à indiquer leur chemin aux visiteurs égarés. Des flics aux allures de guides touristiques et qui ont pour symbole… un petit écureuil volant surnommé Pipo-kun (kawaii !). Depuis que vous êtes là, votre seule interaction avec les forces de l’ordre (mis à part les coups de sifflet au carrefour quand le bonhomme s’apprête à passer au rouge) ça a été une visite à domicile. Vous aviez trouvé un soir, dans votre boîte aux lettres, un papier en bilingue japonais-français, à compléter avec des informations classiques et vraisemblablement destiné à recenser les expatriés du quartier. Le formulaire vous invitait même à partager vos impressions sur la vie au Japon avec la maréchaussée en passant déposer le formulaire… En bon Français, vous avez mis le papier dans un tiroir et remis ça à demain.C’était sans compter sur la pugnacité japonaise et son respect du protocole.

Quelques semaines plus tard, un dimanche, en plein milieu de votre sieste, voilà qu’on sonne chez vous (à part cette bonne Mme Takahashi, personne ne sonne jamais). C’est à la fois surpris (et un peu inquiet) que vous découvrez sur votre écran d’interphone (ici ils sont tous équipé ainsi) un monsieur en uniforme. Vous ouvrez et l’officier arrive à votre porte. Là, solennellement et après les politesses d’usage, ce dernier se lance dans une longue et surtout incompréhensible explication à la fin de laquelle il vous tend le fameux papier qui dort (lui) toujours dans votre tiroir. Là tout s’éclaire, comme vous n’aviez pas rempli et ramené ledit papier au koban du coin, le koban est venu à vous. A votre tour de vous confondre en excuses puis de remplir en direct les précieuses informations sous le regard zélé (et gêné) du policier. En réalité, ces formulaires sont utiles aux autorités en cas de catastrophe et permettent d’aider plus efficacement les étrangers qui ne sont pas forcément au fait des instructions d’urgences. Pas si inutile que ça la police nippone.

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