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Pris dans la toile

Après plus d’un an à parasiter le Wi-Fi du métro et des cafés Starbucks, vous vous êtes enfin décidé à souscrire à une offre pour un abonnement téléphonique japonais.

Plus précisément, il ne s’agit pas d’un contrat pour un téléphone, mais pour un tout petit appareil : la pocket Wi-Fi. Boîtier qui tient dans la poche, ce système émet un signal Wi-Fi sur lequel vous pouvez connecter votre téléphone ou votre ordinateur, vous permettant d’avoir ainsi accès à Internet où que vous soyez. Ne reste plus qu’à utiliser des applications permettant d’envoyer des messages ou d’appeler via le Web pour entrer en contact avec les gens. Tous les Japonais sont équipés de cette borne relais qu’ils utilisent d’ailleurs aussi chez eux. Pas de box ou de forfait pour vos appels, votre accès est mobile et illimité.

Monsieur Anglais OK

Cela allait changer votre vie et un samedi vous avez embarqué toute la paperasse possible (carte de résident, passeport, contrat de location d’appartement…) et vous êtes mis en route pour un magasin d’électronique. Japon oblige, ce type de boutique est sur plusieurs étages et propose une offre titanesque, le tout dans un vacarme assourdissant, bref, un pur moment de bonheur surtout que si on sait quand on y entre, on ne sait en revanche jamais quand on va en sortir… Après deux essais infructueux (aucun employé ne parlait anglais), vous trouvez un magasin où un employé arbore un badge « Anglais OK! » et lui faites part de votre désir d’être connecté.

 Enfer numérique

Premier pas dans l’univers sibyllin de la téléphonie japonaise, votre polyglotte se fait un devoir de vous décrire par le menu toutes les offres du magasin. Opérateurs, appareils, vous passez en revue avec lui tout le catalogue disponible. Vous avez beau essayer de lui dire que le premier était le bon, il est lancé et le protocole veut que le client puisse choisir en connaissance de cause. Au bout de trois quarts d’heure vous êtes au fait de la portée et de l’autonomie de tous les appareils de l’étage. Vous revenez enfin à votre premier choix (le moins cher) et l’on vous indique un petit bureau où vous installer pour remplir votre dossier. On est samedi et vous n’êtes évidemment pas le seul client. En réalité il y a tellement de monde qu’on manque de chaises, l’employé se met donc à genoux pour remplir avec vous les formalités d’inscription. Gêné, vous espérez que le contrat sera vite rempli, mais c’est sans compter sur le procédural engagement nippon qui oblige votre prieur anglophone à reprendre point par point chaque clause du document. Ce bon monsieur, vous avez envie de l’aider à se lever et l’amener prendre un café. A genoux sur le linoléum, il vous traduit du japonais vers l’anglais, en temps réel, toutes les joyeusetés d’un contrat téléphonique. C’est admirable (mais tout de même ennuyeux).

Try again

Après avoir coché, rempli et signé des pages et des pages, tout le monde se lève et on vous demande de revenir dans une heure, le temps qu’on ouvre votre abonnement et qu’on prépare boîtier et contrat final. Vous sortez de cet enfer numérique et allez attendre dans un café en face, l’occasion de leur piquer une dernière fois leur réseau. Le temps écoulé, retour au magasin où Monsieur « Anglais OK » commence à s’incliner à peine vos regards se croisent. Pas de doute, ça sent les excuses… En effet, on s’est trompé de formulaire : il faut tout reprendre.

(Re)découvrir l’épisode précédent > Un Alsacien au Japon – épisode 64

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