Christophe Lasvigne : Du vin et du lien, en verre et contre tout !

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Caviste, marchand de vin, prestataire en évènementiel : voici les trois métiers du bien-nommé – et passionné – Christophe Lasvigne. Que ce soit dans l’une de ses boutiques du Théâtre du Vin, ou dans son rôle de marchand de vin avec Vinothérapie, le vin c’est pour lui, toujours et avant tout, du lien. Un lien maintenu pendant le confinement, mais qu’il a également sublimé grâce à l’opération Tournée générale, avec laquelle il a mobilisé vignerons & restaurateurs, dans le but d’offrir des verres aux clients de retour dans les établissements. Une soif de générosité jamais étanchée, pour notre plus grand plaisir ! Rencontre.

Comment se sont maintenues, ou non, vos différentes activités pendant le confinement ?

Du côté des caves à vin, la chance que nous avons eue, c’est de pouvoir garder toutes nos boutiques ouvertes. Globalement, il y a eu un gros trou d’air les quinze premiers jours du confinement, mais dès avril, l’activité a bien repris.
Au début, les clients étaient peu nombreux, ils ont acheté des petits vins, mais en grosse quantité. Petit à petit, on a ensuite senti que la vie reprenait, les gens avaient compris qu’ils pouvaient revenir quasiment normalement et racheter des cuvées qu’ils avaient l’habitude de prendre.
On avait, de plus, tout le long, le système Click & Collect, et la livraison à domicile gratuite sur toute l’Eurométropole !

Le terme Vinothérapie, le nom de votre activité de marchand de vin, était plus que jamais approprié !

On a énormément de gens qui ont fait ce que j’appelais des téléconsultations ; ils appelaient et expliquaient leurs envies, ce qu’ils cuisinaient (…) et exactement comme en boutique, ils avaient un sommelier au bout du fil qui les conseillait et faisait la sélection, avant de les livrer. Beaucoup de mes collègues étaient fermés, mais il y avait une forte demande. C’était un semblant de « la vie continue ».

Concernant l’événementiel, on était forcément à zéro ; ce qui était prévu a été annulé, et nous avons là la majorité des événements reportés en septembre.

Enfin, mon troisième métier, et cela représente 70% de mon activité, c’est de fournir la restauration… Une activité donc également à l’arrêt. Depuis la sortie du confinement, les choses ont depuis repris doucement, cependant sous l’unique terme restaurateur, il y a plusieurs réalités. Il y a une vraie différence par typologie d’établissement et type de clientèle ! Il manque toute une clientèle de touristes, et de business. Ceux qui bossent avec des locaux et des jeunes s’en sortent mieux, car ceux-là sont dehors. Pour les locaux plus âgés, c’est aussi plus compliqué, car c’est une catégorie de personnes qui fait actuellement plus attention.

La très belle boutique du Théâtre du Vin, au Marché Gare à Strasbourg

L’un des maillons essentiels de votre métier, l’origine même, ce sont les vignerons ; quelle est leur situation actuellement ?

Nous sommes en effet l’interface entre les restaurateurs et les vignerons, et travaillons avec plus de 350 vignerons et 500 restaurateurs. Pour les vignerons, le confinement a été très différent ; la vigne ne s’est pas arrêtée parce qu’on était confiné… et il y avait même beaucoup de travail ! Beaucoup de travail dans les vignes, et un personnel à payer donc, mais des ventes à 0, idem pour l’export.
Il faut également savoir que le secteur était déjà impacté avant tout ça par d’autres événements ; la taxe Trump aux États-Unis, la crise du COVID en Asie dès janvier/février, le Brexit (…) Les trois plus gros marchés, avant même cette crise sanitaire, avaient déjà de gros problèmes ! Il ne se passait plus grand chose sur le marché de l’export depuis janvier. De plus, certains ont été touchés par le gel à la mi-avril.

L’activité étant d’une certaine manière maintenue, les vignerons ont-ils été également des grands oubliés des aides ?

Probablement ! L’une des mesures mises en place, est une mesure malheureusement dramatique ; celle de la distillation. Étant donné qu’il y aura des excédents de vin, l’État a proposé de distiller les surplus et donc d’acheter le vin qui était destiné à être un bien de consommation, pour le distiller et le transformer en gel hydroalcoolique. Sans parler du prix, et au-delà du fait que cela ne couvre même pas les frais de production, c’est humainement dramatique, car c’est le fruit d’une année de travail qui est ravagé. C’est un drame à la fois économique et humain.

On imagine que c’est dans cet esprit que vous avez lancé l’opération Tournée générale…

En effet, on se disait que la situation était grave pour les vignerons, et idem pour les restaurateurs pour qui l’activité allait dans tous les cas redémarrer lentement étant donné les mesures appliquées à la reprise. L’idée a donc germé en interne, et Tournée générale est née. Trois semaines de boulots intenses !
Nous avons au final choisi 100 restaurateurs emblématiques et importants pour nous (liste au bas de l’article, voir également la page Facebook du Théâtre du vin), tout comme pour les vignerons, nous avons pris ceux que nous préférons et que nous avions envie de mettre en avant. Nous avons constitué des binômes, souvent des gens qui travaillaient déjà ensemble, ou qui correspondaient bien à l’esprit de l’établissement.
Finalement, ce sont 100 verres de vin offerts dans chaque restaurant… 100 clients heureux ! Chaque restaurateur est laissé libre et décide vraiment des modalités et du protocole. Certains ont choisi de l’offrir aux 100 premiers, de le faire selon les plages horaires, ou bien par exemple de les réserver uniquement aux soignants…

Ce qu’il est important de noter, c’est que c’est un véritable effort de solidarité. Les vignerons auraient pu vendre ces 18 bouteilles, tout comme nous qui aurions pu vendre ces 18 000 bouteilles, et pareil pour les restaurateurs, qui auraient également pu vendre ces 10 000 verres de vin. Tout le monde a joué le jeu, et a offert ce qu’il aurait pu vendre. Pour cette période compliquée, c’était un message fort, un bel élan de solidarité.

Retrouvez sur la page Fb @theatreduvin tous les participants à l’opération

Pour finir, pourriez-vous nous en dire plus en tant qu’homme, ou en tant que chef d’entreprise, comment vous avez vécu cette période ?

À 19h, le soir où on a appris que les restaurants fermaient à minuit, je suis parti avec ma femme faire le tour de la ville. On a mangé dans 5 restaurants différents ; l’entrée chez un, le plat chez l’autre (…) J’avais envie de dire à mes clients restaurateurs « c’est une cata, oui, mais on est là ».

Ensuite, les quinze premiers jours ont été pour moi un gros coup derrière la tête. Une vraie peur pour l’entreprise, peur pour l’emploi de mes collaborateurs, pour mes fournisseurs vignerons, pour mes clients restaurateurs, une vraie peur économique… mais aussi celle de voir mon mode de vie chamboulé.
Ce qui est intéressant, finalement, c’est de voir se révéler son mode de fonctionnement. Comme pas mal de gens certainement, je me suis dit qu’il fallait : en un, se relever, puis en deux, se révéler. C’est de là qu’est née l’opération Tournée générale. De quelque chose de dramatique, qui nous a plombé, nous en sommes ressortis par le haut avec une belle action de solidarité. C’est un peu ma résilience.

Plus d’infos
La page FB
Le site internet

Le Théâtre du vin
2 rue du Marché Gare
67000 STRASBOURG

Liste des restaurants

A Strasbourg :

Aeden Place Brasserie, avec Château L’Escart (Eden)
Aedaen Place Pizzeria, avec Terra Serena (Gran Cuvée)
Aires del Sur, avec Alfredo Roca (Fincas)
A L’Abattoir, avec Mas de la Seranne (Clos des Immortels)
Alma avec Domaine Champalou (Vouvray sec)
Au Bouchon, avec Cave de Ribeauvillé (Crémant)
Au Coq Blanc avec Domaine Bardet (Petit Chablis)
Au Crocodile, avec Domaine Bott-Geyl (Crémant cuvée Absolu)
Aux Douze Apôtres, avec Domaine Zinck (Riesling Portrait)
Bistrot Coco, avec La Chouette Du Chai (Rien ne M’Effraie)
Bistrot des Copains, avec Cave de Ribeauvillé (Crémant)
Boma, avec Borderline
Brasserie des Haras, avec Maison Ferroni (gin)
Café de l’Opéra, avec Alfredo Roca (Fincas)
Cocolobo avec Masselva (Vermell)
Le Comptoir d’Eugène, avec Le Chemin des Rêves (Bois-moi)
Cour du Corbeau, avec Domaine Josmeyer (Mise de Printemps)
Fleck & Co avec Brasserie Storig
Honesty, avec Distillerie Nussbaumer (Framboise)
L’oignon, avec Domaine de la Cendrillon (Atypique)
La Bonne Source, avec Domaine Sérol (Eclat de granite)
La Casserole avec Hostens-Picant (Demoiselle)
La Capricciosa, avec Vigneti Zabù (Il Passo Verde)
La Coccinelle, avec Domaine Ferraton (La Source rouge)
Maison Rouge, avec Domaine du Colombier (Petit Chablis)
Larmes de Vin, avec Romaneira (R de Romaneira)
La Vignette, avec Domaine Venot (Aligoté)
Le 1741, avec Champagne AR Lenoble (Intense)
Le Banquet des Sophistes, avec Château La Gorre (Haut Peyrillat)
Le Barbu’to, avec Château Clément Termes (Les Petits Clément rosé)
Le Fossile, avec Maison Lhéraud (L’Oubliée)
Le Gavroche, avec Domaine Héring (Blanc de Noir)
Le Meteor, avec Berthoumieu, Pierre de Grès
Le Picobello, avec Santa Cristina (Orvieto Campogrande)
Le Purgatoire, avec Domaine des Prés Lasses (Chemin de Ronde)
Le Rutsch, avec Domaine Garlon (Côteaux bourguignons)
Le temps des Saisons avec Domaine Manciat-Poncet (La Roche)
Le Tire-Bouchon, avec Domaine Zeyssolff (Klevener de Heiligenstein) L’Epicerie, avec Domaine René Meyer (Noir de Katz)
Le XX Bar à Vins, avec Bodega Particular (Garnacha)
Les Chauvins, avec Distillerie Massenez (Flaviata)
Les Garnements avec Loïc Mahé (Vents d’Ouest)
Les Innocents, avec Philippe Nusswitz (Orenia Réserve blanc)
L’Hacienda, avec Domaine Charpentier (In Vino Libido)
Mama Bubbele, avec Domaine Antoine Olivier (Les Deux Dindes)
O’Friends, avec le Domaine Coppola (Rosso)
Perles de Saveurs, avec Domaine Jérôme Meyer (Tom le Rouge)
Pour de Bon, avec Domaine Bott-Geyl (Métiss)
Régent Petite France, avec Domaine Marcel Deiss (Alsace blanc)
Schluck n’Spiel, avec Borderline
S’Kaechele avec Domaine Schoech (Complentation Grand Cru Kaefferkopf)
Sofitel, avec Domaine Paul Buecher (Muscat Grand Cru Ollwiller) et Domaine Etienne Simonis (Riesling Grand Cru Mackrain)
Street Butcher, avec Domaine Ka (Cuvée Vieilles Vignes)
Tony’s Kitchen, avec Clos des Nines (L’Orée)
Pop & Lino, avec Ciu Ciu (Bacchus)
Un Cantalou à Strasbourg, avec Hermanos del Villar (Oro de Castilla)

A Baldersheim
Le Cheval Blanc, avec Château Bourdieu (N°1)

A Barr
La Table du 5, avec Château Falfas (Côtes de Bourg)

A Benfeld
De la Cuisine au Jardin, avec Domaine Minchin (Hortense)
La Vignette, avec Domaine La Louviere (Le Coquin)

A Bernolsheim
O’Pizzicato, avec Caldora (Trebbiano)
A Bischeim
O’Pizzicato, avec Luccarelli (Primitivo)

A Blaesheim
La Grange du Gloeckelsberg, avec Clos des Cazaux (Saint Roch)

A Brumath
L’Atelier du Bœuf, avec Domaine Turner Pageot (Le Rouge)

A Entzheim
Les Jambons de Marinette, avec Domaine Castan (Viognier)
O’Pizzicato, avec Giacondi (Moscato Ricossa)

A Erstein
Auberge du Ried, avec Cave de Ribeauvillé (Crémant)
Casa des Papilles avec Château Durand-Laplagne (Les Terres Rouges)

A Griesheim
Auberge de la Chèvrerie, Domaine Henri Bonnaud (Pure Rolle)

A Haguenau
L’Atelier du Steakhouse, avec Domaine de l’Evêché (Evêché Rouge)
Le Binôme, avec Champagne Lévêque-Dehan (Les Adrets)

A Illkirch
Le Bouchon et l’Assiette, avec Domaine des Remizières (Crozes rouge)

A Kehl
La Villa Schmidt, avec le Domaine du Poyet (Chardonnay)

A La Wantzenau
Il Forchettone, avec Mesa (Giunco)
Jardin Secret avec Domaine des Peyre (Apostrophe blanc)
O’Pizzicato, avec Caldera (Muntepulciano)
La Cour des Chasseurs, avec Domaine de la Cabernelle (D’une Vigne à l’Autre)

A Lipsheim
Le Chalet de l’Hôtel, avec Aix Rosé (AIX Rosé)

A Molsheim
Le Cheval Blanc, avec Domaine Bertrand Bachelet (Maranges)

A Obernai
Casa Aurelisa, avec Cantine Ceci (Terre Verdiane)

A Offenheim
Auberge des Houblonnières, avec Domaine Moze-Berthon (Rocher-Gardat)

A Ostwald
Château de l’Ile, avec Domaine Boeckel (Pinot noir Midelberg)

A Plobsheim
Aux Deux Clefs d’Or, avec Maison Parcé Frères (Copains comme Cochons)

A Rouffach
La Ville de Lyon, avec Château Beaubois (Elégance rouge)

A Saverne
La Carpe d’Or, avec Domaine Bulliat (Morgon)
O’Pizzicato, avec Tomaresca (Paiara)
Le S’Taeffele avec Domaine Usseglio (Les Claux blanc)

A Schaeffersheim
La Couronne, avec Domaine Lafage (Miraflors)

A Schiltigheim
Le Boucanier, avec Domaine Cantarelle (Rosé fruité)
Les Plaisirs Gourmands, avec Domaine des Varinelles (Les Cinq)

A Schnersheim
A la Vignette, avec Château Pigoudet ((Classic Rosé)

A Vendenheim
Hôtel Argos, avec Clos Bagatelle (A l’Origine)

A Willgottheim
La Cour de Lise, avec Mas Oncle Ernest (Instant Présent)

A Wiwersheim
O’Pizzicato, avec Cantine Ceci (Otello)

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