Diabolo Poivre : De la Strassburger Bank à la Cigogne ivre

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Historiquement siège de la Strassburger Bank dès son édification en 1901, le rez-de-chaussée et le premier étage de l’immeuble remarquable du 24, rue du Vieux-Marché-aux-Vins, restés vacants depuis 1984, ont été repris par le groupe Diabolo Poivre. Un projet ambitieux, un brin dingue, mais qui en jettera !

Jérôme Fricker, Gilles Egloff & Christophe Lemennais, à la tête du groupe Diabolo Poivre à Strasbourg, fonctionne au coup de cœur, avec toujours l’envie de se faire plaisir, de faire plaisir, et de se marrer surtout. « Nous ne prenons que de beaux emplacements, de beaux endroits, confie Jérôme Fricker. Celui-là est le plus gros et le plus fou, mais je l’avais déjà visité il y a dix ans, et l’on a été conquis par le côté majestueux du lieu. »
D’autres l’ont convoité avant d’abandonner, comme tout récemment Big Mamma, ou avant, Franck Meunier qui ambitionnait d’en faire un Buddha-Bar ou, encore avant, une chaîne australienne de café. Gilles et Jérôme ont, eux, décidé de se lancer malgré les contraintes inhérentes au lieu. « Le propriétaire avait déjà investi 800 000 euros de travaux, mais il n’y avait rien, pas d’électricité, d’assainissement, de ventilation, de climatisation, détaille Jérôme. On était dans une banque, il a fallu creuser 1,20 mètre de béton pour faire l’assainissement. » Soit 3 millions d’euros de travaux contre 1,5 million d’euros prévus. Auxquels s’ajoute le droit au bail, pour ces locaux de 800 m2, dont 450 dédiés au public.

© Nicolas Roses

Esprit pub anglais, version classe

Accompagnés dans tous leurs projets par l’agence Creatio, Diabolo Poivre a la réputation d’un groupe local solide, réalisant du beau et du bon. Chaque établissement naît de leurs voyages ou d’un manque à combler à Strasbourg. Avec The drunky stork social club, ou Le club de la cigogne ivre, on s’attend au projet le plus abouti.
Dans un esprit pub anglais mais version social club des années 40 on pourra aussi bien y prendre un verre qu’y manger un morceau, sans priorité aux repas. Même dans la configuration de l’espace, le bar monumental, qui trône au milieu du lieu, fait face à la cuisine vitrée, « pour mettre le bar et la cuisine au même niveau, sans hiérarchie », précise Gilles Egloff. Objectif : créer une ambiance où l’on se sent autant à l’aise à prendre juste un cocktail qu’à partager un repas d’affaires ou un dîner entre amis. « Nous souhaitons casser les codes de la restauration, précise Gilles. Nous allons proposer une cuisine ludique, à partager ou non, selon les envies de chacun. » Pile dans la tendance de ce qui se fait à Paris ou Londres, The drunky stork proposera des petits plats du monde en portion pour un max de convivialité et de découvertes.

© Nicolas Roses

Deux mezzanines, des salles privatisables, des vidéos à 360 degrés…

La configuration du lieu promet d’être assez dingue avec une vertigineuse hauteur sous plafond et deux mezzanines parallèles. La grande verrière offre une belle luminosité au resto social club, disposant de 160 places assises entre banquettes, tabourets de bar et chaises. Au-dessus de l’imposant bar circulaire de verre et de bois, un écran diffusera à 360 degrés des vidéos de designers pensées pour le lieu. Au rez-de-chaussée, deux salles légèrement en retrait permettront aux groupes de se réunir pour des réunions, des team buldings ou des dîners intimes. Idem à l’étage ou deux salles en enfilade, au-dessus des mezzanines, seront à disposition pour des événements privés ou des meetings, avec un espace bar et un autre pouvant être transformé en salle de réunion ou salle à manger.

© Nicolas Roses

Les contraintes du bâti avec les normes actuelles

En sous-sol, place à la cuisine, à la chambre froide et aux vestiaires du personnel, cachés derrière les toilettes. Tout a dû être conçu de A à Z, avec six mois de retard sur les travaux, entre crise du COVID et la mauvaise surprise de découvrir du plomb. « Nous devons respecter le bâti avec les normes d’aujourd’hui, forcément, cela complexifie le chantier », confie Pascal-Claude Drach, architecte d’intérieur. La salle du haut par exemple est classée, nous avons dû la rénover à l’identique. » Sans parler de la façade classée au titre de monument remarquable. « Elle fait 16 mètres de haut par 8 mètres de large, nous avons proposé une enseigne extérieure ultra élégante, mais nous avons été retoqués par les Bâtiments de France… »
Niveau codes couleur, The drunky stork jouera la carte du bleu canard et du vert anglais, avec des touches de rouge, noir et blanc faisant écho aux cigognes locales. A l’image des pubs anglais, la part belle sera faite à l’élégance du bois dans ce nouveau haut lieu de la vie strasbourgeoise où l’on appréciera sans doute de chiller sur les sons de DJ les week-ends. Ouverture programmée mi-novembre.

© Nicolas Roses

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