Marie Vialle I Plein ouest, une nouvelle vie…

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– article publié dans Or Norme N°40-

Pour beaucoup d’entre eux, ses nombreux amis strasbourgeois ont découvert son superbe talent de photographe quand, lors du premier confinement, elle a publié les images de son nouveau lieu de résidence,… Belle-Ile en mer, au large de Quiberon. Rencontre avec Marie Vialle, néo-bretonne et ilienne parfaitement intégrée…

Or Norme n° 27 de décembre 2017 avait parlé de Marie Vialle et de son label Bloody Mary Records and Music dans un article de deux pages très fouillé. Charles Nouar y évoquait « presque une exception dans un monde très masculin. Une place qu’elle assume pleinement, forte d’une envie, d’une passion musicale et d’une pugnacité qui lui valent non seulement la confiance des artistes (…) mais également d’un nombre croissant de ses aînés… »

« Au moment de cet article, j’étais à fond les ballons » commente aujourd’hui Marie « car j’avais décidé de faire de Bloody Mary mon sacerdoce. Objectivement, j’ai alors très mal mesuré à quel point se retrouver toute seule dans ma petite structure allait assez vite m’essouffler. Dans ce milieu-là, particulièrement dans les musiques actuelles indépendantes, on dépense beaucoup d’énergie pour très peu de retours en matière financière et autres. C’est très, très dur et ce fut d’autant plus dur qu’à Strasbourg, j’ai pu constater que c’était vraiment chacun pour soi, chacun cherchant avant tout à préserver son petit carré vert. Malgré tout ça, j’ai encore sorti un album avec Manuel Etienne en novembre 2019 avec quelques dates de concert et j’ai eu encore quelques autres dates bookées début 2020. Mais j’ai mis fin à mon activité de placement de concerts en raison de cet énorme ras-le-bol et parce-que mon frère Franck, installé depuis la fin 2019 à Lorient, m’avait incitée à étudier ce projet de déménagement en Bretagne avec l’idée de trouver du taf dans la culture, là-bas. Très amoureuse de cette région, j’ai franchi le pas… »

Le rebond

Une fois installée, après quelques petites formations en management culturel, Marie décide de « faire un petit break d’un mois à Belle-Île en Mer dans un petit 25m2 loué au Palais » (le port principal de l’ile -ndlr). Elle est encore là le 12 mars 2020, à quelques jours de rentrer sur le continent quand le premier confinement survient. Bloquée, elle continue ses longues balades solitaires et, photographe (et lève-tôt) dans l’âme, elle se passionne pour les belles lumières et ambiances bretonnes qu’elle n’hésite pas à publier quotidiennement sur les réseaux sociaux. « Et là » avoue-t-elle avec un étonnement non feint, « est né un véritable engouement pour mes images »

À la rédaction de Or Norme, on peut témoigner de ce phénomène pour l’avoir éprouvé nous-même. Et ce n’était pas seulement dû à notre propre confinement d’alors. Le littoral est un véritable piège pour les photographes : par millions, il y a les photos « cartes postales » et puis, il y a quelques photographes qui parviennent à capter l’âme des paysages. Sincèrement, les photos de Marie Vialle se classent résolument dans cette deuxième catégorie…

On a reparlé très récemment avec Marie. Se sentant toujours aussi bien intégrée dans la communauté de Belle-Île (les locaux ont vu eux aussi ses photos sur les réseaux sociaux et elle est devenue correspondante locale du quotidien Le Télégramme »…), elle vient de décrocher un job à plein temps à la comptabilité d’une PME locale. « Je suis super heureuse car il semble que ce soit la fin de la galère et que ma nouvelle vie démarre bien. Je ne regrette donc pas mon départ de Strasbourg car, ici, je mesure ma chance chaque jour qui passe. Je shoote des photos comme jamais et des commerçants de l’ile m’ont commandé des cartes postales pour la saison touristique… Et d’ajouter : « Je suis devenue aussi administratrice du festival estival Lyrique en Mer et je ne perds pas de vue l’idée de monter une assoc pour organiser des concerts dès que la pandémie se sera éloignée… » 

On se disait bien que la musique ne l’avait pas complètement quittée…