Octop’US, Planète mer

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– Article publié dans Or Norme n°41 – 

2016, tout juste diplômée en droit international, Lola Ott s’engage dans l’humanitaire. En Grèce, auprès des réfugiés, elle découvre la problématique de la pollution par le plastique et le mouvement de valorisation des déchets. 2019, de retour à Strasbourg, elle crée l’association Octop’us, engagée dans la protection de l’environnement et la sensibilisation, sans culpabilisation !

Une ONG strasbourgeoise qui lutte contre la pollution de l’océan, voilà de quoi surprendre à 800 km de la Manche et pourtant… « 80% de la pollution des océans vient des cours d’eau, fleuves, et rivières qui s’y déversent. 100% de la pollution plastique est produite à terre. Plus on est éloigné des littoraux, moins on va être sensibilisé à notre impact sur les océans », résume Lola, habituée des salons et colloques et qui a tôt fait de synthétiser les enjeux et l’urgence de l’action. 

Basé dans le tiers-lieu de la COOP, Octop’us (“octo” pour ses 8 fondateurs et “us” pour ensemble), prône une approche ludique et déculpabilisante, « l’objectif de l’association est de démontrer que tout un chacun a la possibilité d’agir au quotidien. On propose des solutions participatives, citoyennes et low tech accessibles à tous », revendique Lola.

Valoriser tous les types de déchets

Omniprésent et imputrescible, le plastique est l’un des fléaux majeurs du monde contemporain. Fort de ce constat, le projet international Precious Plastic a mis en place un système artisanal de recyclage des matières plastiques à travers de petites unités fédérées en réseau. « Grâce à l’antenne Precious Plastic déployée ici, nous allons pouvoir valoriser le plastique, sensibiliser le grand public à la pollution, créer des objets… Les bénéfices iront au financement d’un récif artificiel au large de l’île de Corfou. » Autre initiative en faveur de la valorisation des déchets, le projet Hairboom, la création de filtres conçus à partir de cheveux et poils. « Pour 1kg de cheveux, il y a 8 litres d’hydrocarbure qui sont absorbés », explique Lola. Un dispositif très efficace dans le cas de marées noires mais utile également pour la dépollution, la protection des sols et la préservation de la biodiversité, « c’est 100% biodégradable, de quoi rendre l’agriculture plus responsable ! »

Dernier projet d’Octop’us, la création d’un outil pédagogique, proposé en milieu scolaire et périscolaire, un jeu qui retrace les différentes étapes du cycle de vie d’un déchet, de quoi « changer les mentalités et permettre aux personnes de s’impliquer tous les jours, avec des gestes simples. » 

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Lola Ott ©Alban Hefti