Rendez-vous aux IS, dans le top 20 du tennis mondial !

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En devenant tournoi WTA 500 dès cette année, les Internationaux de Strasbourg (IS) deviennent le 3e plus grand tournoi de France en catégorie et prize-money, après Roland-Garros et le Rolex Paris-Masters. Une marche de géant franchie en à peine un an. Ses directeurs, Denis Naegelen et Jérôme Fechter, nous révèlent tous les défis relevés ou en cours pour passer ce cap historique depuis la création du tournoi en 1987…

Pour commencer, rappelez-nous comment les IS sont devenus un tournoi WTA 500 ?

Denis Naegelen : Depuis deux ans, la WTA mène un projet de restructuration du tennis féminin mondial dans l’objectif de le rendre plus lisible, plus attrayant, plus bankable. Elle souhaite présenter un feuilleton régulier avec les meilleures joueuses au monde en proposant chaque semaine du calendrier un WTA 1000 ou 500. Pour passer en 500, il fallait trouver l’argent nécessaire pour être candidat. Nous avons décidé de nous unir avec le tournoi 250 de Lyon pour apporter chacun nos valeurs, et pour le reste, nous avons eu recours à l’emprunt.
Nos atouts ? Notre histoire, la force de notre équipe constituée depuis 2019 avec Jérôme Fechter, Christophe Schalk et Pierre-Hugues Herbert, notre engagement écoresponsable et de défense de la place de la femme dans la société. On avait aussi l’avantage de libérer deux créneaux de WTA 250. Notre faiblesse était structurelle, avec un site qui n’est pas encore aux normes face à d’autres concurrents comme Hambourg doté d’un stade de 5000 places. Mais cela n’a pas pesé dans la balance.

Que cela change-t-il pour vous en termes d’investissement ?

Jérôme Fechter : 500, c’est le nombre de points attribués à la gagnante, et c’est évidemment lié à l’argent distribué aux joueuses. Nous multiplions par quatre le prize-money, en passant de 250 000 à un million de dollars. Cette réforme est motivée par l’idée de parité que défend la WTA depuis sa création.

D.N. : L’effort est énorme pour passer en 500 : cela nous oblige à doubler notre budget en un an. Mais depuis 2010, les IS s’engagent pour la place de la femme dans la société. On essaie de suivre l’exemple de Billie Jean King dont le combat était la parité. Ce qui est loin d’être le cas sur l’ensemble du circuit avec une différence de l’ordre de 40 % entre les revenus des hommes et des femmes. L’objectif du projet de la WTA reste que les joueuses aient les mêmes revenus à horizon 2027.

J.F. : Pour pouvoir boucler le budget, nous travaillons sur plusieurs niveaux. Nous aurons déjà une source de revenus supplémentaire avec un public plus nombreux. Nous avons également accéléré le travail pour que les plus grandes entreprises invitent leurs clients, partagent nos valeurs et que l’on construise ensemble cette nouvelle histoire.
Enfin, l’impact médiatique ne sera pas le même : un tournoi WTA 500 est vu par 20 millions de téléspectateurs. On double ainsi notre audience télé. Les réseaux sociaux de la WTA enregistrent 25 millions d’impressions, contre huit millions pour les IS l’an dernier. L’impact médiatique mondial est énorme ! Dans cette année très sportive, nous serons le premier gros événement de sport féminin en France en 2024. Cela nous apporte évidemment plus d’attractivité.

Jérôme Fechter à gauche et Denis Naegelen. ©Sabrina Schwartz

Davantage d’attractivité, y compris pour le plateau ?

D.N : Dans les tournois 500, il y a toujours deux-trois joueuses du Top 10 qui jouent. Nous n’avons jamais reçu de joueuses qui participaient en tant que Top 10 au moment où elles étaient aux IS. Nous allons donc renforcer notre plateau et toujours juste avant Roland-Garros.

Un tel événement nécessite de nouvelles installations…

D.N. : Notre objectif pour cette année est de créer le plus beau tournoi WTA 500 mondial. Le deuxième sera de créer une structure nouvelle.

J.F : La WTA est consciente que l’on ne peut pas transformer en un an un club de tennis en un stade accueillant un tournoi de cette catégorie. On rentre dans le Top 20 mondial tout de même ! Nous avons sollicité les collectivités pour nous accompagner dans ce changement brutal d’une année à l’autre. Elles sont à l’écoute et ont montré leur soutien pour ce tournoi féminin, vertueux et écoresponsable. Notre objectif est que d’ici 2027 on travaille avec les collectivités, nos partenaires, pour réaliser un stade le plus écoresponsable au monde. Pas un stade pour une semaine par an, mais un lieu de sport utile pour tous les Strasbourgeois, toute l’année. Sinon cela n’aurait aucun sens.

Il risque néanmoins d’y avoir plus de demandes cette année pour assister aux IS. Comment allez-vous faire pour accueillir tout le monde ?

J.F. C’est vrai que déjà mi-décembre, à l’ouverture de la billetterie, nous enregistrions trois fois plus de ventes ! Cette année, nous allons agrandir la structure éphémère pour pouvoir accueillir 3 500 personnes sur le court central contre 2500 auparavant. Nous aurons également un court numéro 1 et numéro 2 avec une hyper proximité du public. Roland-Garros, c’est incroyable, mais on est placé très haut, très loin. Aux IS, la sensation de proximité est exceptionnelle. Nous tenons à conserver l’ADN de notre tournoi, à savoir la convivialité et l’accessibilité des joueuses.

Convivialité, hospitalité, écoresponsabilité seront donc toujours vos axes majeurs de développement ?

J.F : Denis a toujours tenu à proposer des tarifs en dessous d’un tournoi comparable. Le premier dimanche, vous pouvez voir quatre matchs sur le court central et avoir accès aux courts 1 et 2 avec les meilleures joueuses mondiales !

D.N. Les spectateurs découvrent un événement avec un spectacle sportif de très haut niveau, dans un cadre sécurisé, avec un parcours animé. Vous pouvez voir un match, déjeuner, prendre un verre en écoutant de la musique, faire découvrir le tennis à vos enfants dans la Fan Zone, rencontrer les joueuses… Pour les entreprises, c’est un lieu unique à Strasbourg où le monde économique se retrouve pendant une semaine. Nous offrons un village VIP de très haut niveau. Pour faire du business, il faut créer du lien humain. L’hospitalité permet de franchir la barrière des secrétaires ! Ce n’est pas un lieu de travail, mais favorable au démarrage des affaires.

J.F : Une table aux IS ne nécessite pas un investissement de 50 000 €. Nous nous adaptons aux besoins des entreprises. Nous offrons certes une visibilité dans 140 pays, mais nous avons aussi des entreprises intéressées par l’écho très local de l’événement. Notre communauté grossit, nous avons doublé le chiffre d’affaires en hospitalité depuis 2019. Et régulièrement durant l’année, nous organisons des rencontres avec nos partenaires pour maintenir le lien et favoriser les rencontres.

Passer en WTA 500 compromettra-t-il vos engagements écoresponsables ?

D.N : Cela ne nous inquiète pas. Depuis 12 ans, nous voyons une évolution extrêmement vertueuse du tournoi, avec une réelle prise en compte de la trace carbone par spectateur. Nous poursuivons cet engagement.

J.F : Notre bilan carbone 2023 est très instructif : nous avons réussi depuis 2016 a diminué par trois la trace carbone par spectateur. Cela prouve l’efficacité de nos actions et l’engagement de notre tournoi. Depuis 2021, nous compensons notre trace résiduelle par la plantation d’arbres à Mollkirch. Nos efforts nous ont permis d’être labellisé Événement Bas carbone. Nous sommes le premier et seul tournoi au monde à l’être et nous ne comptons pas nous arrêter. La refonte de nos structures nous permet d’avoir des projets très ambitieux : on veut que le nouveau stade soit un modèle mondial de l’écoconception. Nous faisons en sorte de favoriser des transports plus doux, en faisant bénéficier d’une réduction de 3 € du billet pour ceux qui viennent en transport en commun, en réduisant le nombre de parkings, en favorisant le covoiturage ou en mettant en place des structures de gardiennage pour les vélos, notamment électriques.

Du 18 au 25 mai
Infos & billetterie