Un nouveau souffle pour La Bîhe

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Fascinée par les couleurs, les tissus, les motifs, les traditions ; sensible aux plantes et à leurs vertus, touche-à-tout et manuelle, c’est assez naturellement que Roxane Filser, travailleur social, s’est lancée dans la teinture naturelle sur textile au shibori, une technique ancestrale japonaise d’ennoblissement des étoffes. Avec sa marque La Bîhe, elle fait valoir le Made in France qui a de plus en plus le vent en poupe.

Durant le confinement, nous avions contacté Roxane Filser, pour l’interroger sur l’avenir de la slow fashion. En cette période particulière, la jeune femme de 38 ans occupait ses journées à concevoir un nouveau stock de coussins, de plaids, d’écharpes ou de linge de table, en attendant un retour à la normale. La créatrice ne cachait toutefois pas ses inquiétudes, avec l’annulation coup sur coup des salons de l’artisanat. Et puis finalement, quand on l’a rappelée pour savoir comment elle allait, elle nous a lâchée, dans ce que l’on a imaginé un grand sourire, un agréable « Elle est chouette cette rentrée ! ».

12 à 15h de travail pour chaque pièce unique

Après trois journées au salon Biobernai, l’artisane a le sourire. « J’ai eu de bons contacts et même des commandes, je suis ravie », confie Roxane. Travailleur social, Roxane s’est lancée, il y a un peu plus d’un an, dans l’aventure de La Bîhe, sa griffe d’impression sur étoffes en teinture végétale au shibori. Une technique ancestrale japonaise qui consiste « à effectuer des zones de réserves qui vont donner un motif sur le tissu par des noeuds, des points de couture, des pliages ou bien encore des ligatures. » Une technique chronophage qui garantit que chaque pièce est unique. Pour la teinture, Roxane cueille elle-même ses plantes « tinctoriales », qu’elle a découvert en s’intéressant à leurs vertus médicinales. Loin des codes de la fast fashion, Roxane prend 12 à 15 heures pour réaliser chaque pièce unique de la collection de La Bîhe. « Cette activité est plus que du temps plein, mais j’ai gardé un pied dans la formation pour le Greta à raison de 40 heures par mois », précise-t-elle. Pour davantage de sécurité, elle a aussi rejoint un coopérative, « qui me permet de conserver l’aspect économie sociale et solidaire et d’être avec d’autres artisans. Cela crée une émulation. » Émulation qu’elle retrouve avec plaisir sur les salons qu’elle pensait être annulés en raison du COVID. Mi-septembre à Obernai, en octobre au salon Maison et déco de Colmar, et en novembre au salon Cousu de fil rouge à Thaon-les-Vosges.
« Pendant le confinement, j’ai fait beaucoup de stock, mais j’ai été démarchée par des boutiques, du coup j’ai recommandé du tissu pour les salons et je ne fais que ça en ce moment, se réjouit-elle. On sent vraiment un engouement pour le Made in France, les initiatives viennent vers nous. J’ai par exemple été contactée par un jeune Alsacien qui veut lancer une plateforme d’artisans et d’agriculteurs locaux. Une styliste m’a demandé de réaliser des tee-shirts en shibori pour sa marque Wild flow. » Autre effet du confinement, « j’ai organisé en juillet des ateliers d’initiation à la teinture naturelle, shibori et indigo. Il y a eu beaucoup de participantes. Pendant le confinement, des personnes se sont essayées à la teinture végétale et ont eu envie d’aller plus loin à travers les ateliers. »
Retour aux plaisirs du do it yourself, retour à la nature, au respect de l’environnement, et à l’attention particulière portée à son chez-soi… Le confinement a quelque part apporté du bon à l’artisanat français.

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