Des Diaconesses aux Haras: L’histoire d’une renaissance exemplaire

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À l’origine, dans ce vieux quartier du Finkwiller, deux lieux emblématiques de Strasbourg : les Haras royaux et la Maison des Diaconesses.
Un peu d’Histoire donc…

C’est en 1756 que la grande écurie de la rue Sainte-Elisabeth est créée et accueille trente-deux étalons pour le service du Haras, mais les lieux abritent également l’Académie d’équitation, de danse et d’escrime.
Aboli par la Révolution, en 1790 le bâtiment des Haras royaux est transformé en magasin d’équipement militaire. L’administration des Haras est rétablie par un décret impérial en 1806 et à partir de 1845 seul le Haras national occupe encore les lieux.
Après avoir frôlé plusieurs fois la fermeture, notamment dans les années 1960, les Haras, devenus également un lieu de création artistique et culturelle, voient en 2005 les derniers étalons les quitter et tous les Strasbourgeois se demander, à l’époque, ce que va devenir ce lieu historique…

Hélène Hillaire – Fonds Denkmalarchiv, Ministère de la Culture, Freyermuth 1922, DRAC Grand Est, pôle des patrimoines

La Maison des Diaconesses, elle, dont la fondation remonte à 1836, a abrité une institution qui joua depuis, un rôle majeur dans l’éducation, la formation et la santé des Strasbourgeois. En effet, les sœurs diaconesses dont la vocation première était d’apporter des soins aux pauvres et aux malades, ont très vite enseigné aux enfants, puis formé elles-mêmes des institutrices et des garde-malades.
En 1855 elles créent la première crèche de Strasbourg, en 1871 elles sont à l’origine d’un premier pensionnat pour jeunes filles protestantes qui sera à l’origine du collège Lucie Berger.
En 1949 le Diaconat ouvre son école d’infirmières et en 1969 un cours pour les aides-soignantes.
En 1989 c’est la reconstruction du plateau chirurgical, puis la création du réputé « service d’urgences Main », suivi enfin d’un vaste chantier de rénovation de la clinique sur trois ans.
Mais malgré ces travaux la clinique du Diaconat sera à nouveau obsolète et finit par choisir d’intégrer le grand projet Rhéna en se regroupant avec la clinique Sainte-Odile et la clinique Adassa.

Rénovation, extension… dans le respect du passé

Un homme et une institution sont à l’origine de la renaissance de ces deux lieux emblématiques de l’histoire de Strasbourg : le professeur Jacques Marescaux et l’IRCAD (Institut de Recherche Contre les Cancers de l’Appareil Digestif). À l’initiative d’un bail emphytéotique signé avec la ville et permettant à l’IRCAD d’assurer l’ambitieuse rénovation, Jacques Marescaux affirme « J’ai toujours été fasciné par ce bâtiment (ndlr : Les Haras) que je considère comme l’un des plus beaux de Strasbourg ! Passionné par les chevaux et par l’architecture équestre, je ne pouvais pas passer à côté de l’opportunité de restaurer ce site » . Et c’est ainsi que le premier projet de rénovation abrite aujourd’hui le Biocluster, la Brasserie et l’Hôtel des Haras.

« La Cour des Haras, le dernier projet d’extension initié par l’IRCAD et lié à l’acquisition de la Clinique des Diaconesses, s’inscrit dans une suite logique » précise le professeur Marescaux. En effet la création d’un « hospitel » destiné à recevoir les malades au lieu de les maintenir trop longtemps en milieu hospitalier, l’agrandissement de l’hôtel des Haras et la construction d’un magnifique Spa, et enfin la réalisation d’un ensemble résidentiel de très grande qualité contribueront à valoriser l’ensemble du quartier, en respectant l’histoire des lieux.

Georges Bousleiman, fondateur et PDG de la SAS-3B, grand promoteur strasbourgeois en charge du projet de la Cour des Haras évoque en ces termes le challenge à relever : « Nous intervenons sur un site hautement historique occupé depuis la première moitié du XIIIème siècle par différentes activités humaines successives qui ont façonné la mémoire collective des lieux. Il n’est pas aisé de s’attaquer au remodelage du paysage urbain que produit la reconversion du site (…) en nouveaux immeubles de logements sans tenir compte du passé. »

Georges Bousleiman

Et ce ne sont pas des mots en l’air puisque le dirigeant de SAS-3B est allé jusqu‘à demander à une historienne d’éclairer ses équipes afin d’inscrire le projet architectural dans la continuité de l’histoire du site tout en osant faire appel à des designers de renom, capables de l’interpréter de manière intemporelle.
Voilà une approche qu’on aimerait observer plus souvent s’agissant de projets touchant au patrimoine urbain, et il faut donc saluer la volonté du professeur Jacques Marescaux, comme celle de Georges Bousleiman, de viser l’excellence, et de se donner les moyens de l’approcher.

 

 

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