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Thomas Lafont, chef de projet – Adrien Moerlen, graphiste – Christophe Urbain, photographe. À eux trois ils forment LeFutur de la com’. Certes entre deux apéros, un concours de fléchettes et un chien qui se trimballe avec un chausson à l’effigie de Beyoncé dans la gueule, mais quand même…

« Ca va avec ton côté journaliste de t’habiller comme the Dude ? ». « Ouais. Je réfléchis à l’idée de me mettre au bowling, aussi. Mais bon, c’est sport… ». « Ouais, j’comprends ». « Et Faust (le chien mascotte de LeFutur, ndlr), quel est son rôle dans l’équipe ? ». « Il fait des croche-pieds », sourit Tom. « Sinon, à la question est-ce qu’on se la pète, la réponse est oui. Ah non, désolé : Pomme Z ».
Débuter un entretien avec l’équipe de LeFutur peut avoir quelque chose de déroutant. Un peu comme interviewer Alain Chabat à la sortie de la Cité de la peur. Adeptes du second degré (et plus).
Thomas Lafont, Adrien Moerlen et Christophe Urbain se sont initialement croisés autour de la musique : soirées DJ mariages pour Thomas et Christophe, concerts des Crocodiles et Bang Bang Cock Cock avec Adrien. Au début, reconnaît Tom, « c’est vrai, j’avais d’autres ambitions : devenir maire de Strasbourg. Enfin, non. Chronologiquement, j’ai d’abord voulu être député à 40 ans mais j’ai quitté cet objectif pour me rapprocher des territoires et c’est vrai que la mairie m’a semblé la meilleure option. On m’a dit, commence par Bischheim ou Schilick mais j’ai dit non. Eschau ? Pas inintéressant mais… c’est bouillant ». Second degré et plus, qu’on vous avait dit.

Là, j’ai fait waouuuh, p… ! C’est des pros, les mecs !

Tom-Christophe : première rencontre ? À des soirées mariage, donc. Bien qu’issus de cercles différents, tous deux s’y croisaient pour mixer. «Christophe s’est présenté à moi six années d’affilé : ‘Bonjour, Christophe Urbain. ‘Bah, oui, je sais’, à force. », s’amuse Thomas. « Quant à Adrien, on s’est rencontré via Benjamin Voiturier de l’agence VO, poursuit-il. VO était alors la seule boîte dans laquelle j’avais envie de bosser. » Musicien en parallèle de son activité de graphiste, Adrien avait de son côté monté avec Ben les Crocodiles avant de s’engager dans l’aventure Bang Bang Cock Cock. Le premier concert que voit Thomas se passe à La Grotte. « À l’époque, je n’écoutait pas de rock, mais là j’ai fait la groupie ! Les Crocos ont fini le concert de la plus belle des manières qui soit : gros riff à l’américaine et d’un seul coup, bam ! Plus rien. Là, j’ai fait waouuuh, p… ! C’est des professionnels, les mecs ! En fait, non, ce n’était pas voulu. Un type avait juste renversé une bière sur une triplette ! Mais j’ai adoré cet instant. On s’était déjà croisés avec Adrien, mais je crois que ce soir là il m’a trouvé sympa et on est devenu potes ».
« Potes » est sans doute l’un des mots clés de LeFutur. Mais « potes » talentueux. Pas un hasard, sans doute si V.O finit par intégrer Tom à ses équipes aux côtés d’Adrien et Christophe qui collabore également pour l’agence, entre deux reportages pour les plus grands titres de la presse nationale. Les liens se resserrent entre les trois au point de ne plus se quitter et de plancher entre deux journées de taff et trois apéros sur de l’expérimentation graphique, photo, visuelle. Histoire d’affiner, consciemment ou non ce que deviendra LeFutur.

« Le coup le pied au cul qui nous manquait pour retrouver le feu sacré »

Puis, pour Adrien et Tom, après 16 et 8 ans à travailler pour V.O, vient l’heure de la rupture conventionnelle de contrat. « J’avoue que je n’étais pas au mieux, à ce moment, confie Tom, mais Adrien m’a convaincu que c’était une super nouvelle. Peut-être le coup le pied au cul qui nous manquait pour retrouver le feu sacré, sortir de notre train quotidien ». Restait alors à formaliser le saut administratif dans « LeFutur ». Quel statut, quelles démarches, quelles charges ? Le cauchemar ou presque de tout jeune créateur d’entreprise. Monter une société ? Non, coupe Tom : il faut du volume pour que cela en vaille réellement la peine. Le « collectif à géométrie variable » associant illustrateurs, vidéastes, web agencies, motion designers, journalistes… aura leur préférence. « En fait, l’aventure LeFutur nous a permis de redécouvrir que la com’ est un métier noble avec, dans nos cas, un fond, un message intéressant à proposer. De travailler différemment, sur-mesure, aussi, en associant tout le monde, dès le début à la réflexion projet, photographe inclus, alors que celui-ci n’est la plupart du temps que contacté une fois que tout est figé ».

« Le luxe de bosser sur des projets auxquels on croit »

Travailler de cette manière, introduire la partie photo dès l’origine du projet, aller en réaliser sur place avant même de décrocher le contrat est certes un investissement mais qui fait gagner énormément de temps à tout le monde, notent-ils. « Jusqu’à six mois parfois », avance Christophe. Idem pour le projet global. Alors que les autres agences proposent jusqu’à trois pistes projets, la petite équipe se limite à une proposition, certes amendable, mais une. « Proposer trois pistes conduit généralement à en mixer deux, et donc à la déception parce que l’on se retrouve dans un entre-deux qui n’est satisfaisant pour personne », relève Tom. Un message qui passe sans encombre auprès des clients. Peut-être parce que franc, direct et qui incite à parler la même langue avec le client, « ce qui est valorisant pour tout le monde ».

Reste les envies futures. Déjà, « continuer à avoir le luxe de bosser sur des projets qui nous parlent, auxquels on croit », avancent-ils. Ensuite : de « rire », parce que dans notre job, dans notre aventure, « ce qui est le plus marrant, c’est de rigoler », s’amuse Tom. Et peut-être encore de produire, un long métrage ou une web série. Un projet, sur lequel Tom planche d’ailleurs déjà avec l’une des plumes de Catherine et Liliane. Mais ça, motus, c’est pour LeFutur…

www.lefutur.eu

©Christophe Urbain.

 

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