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Formé entre Saint-Etienne et Karlsruhe, germanophone et germanophile, Damien Deroubaix aime « la liberté, le côté brut » de la peinture allemande mais revendique « la palette française de Cézanne et de Delacroix ». Rencontre avec l’artiste exposé par le MAMCS jusqu’au mois d’août. Son titre : « Headbangers Ball II » en hommage à l’émission musicale culte consacrée au Métal sur MTV.

Rendez-vous à Meisenthal, en « zone blanche ». On est prévenus… Le portable ne capte pas et quant à la sonnette, l’artiste ne l’entendra pas s’il est dans son atelier situé « à l’arrière de la maison ». Un grand bâtiment en bois nous avait-il écrit. On situe la bâtisse, reste à en repérer l’entrée et à l’atteindre. Mission accomplie. Damien Deroubaix nous attend, prêt à évoquer l’exposition que lui consacre le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.

Strasbourg, après Saint-Etienne et avant Esslingen

« Il s’agira d’une deuxième étape, précise-t-il, après le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne et avant la Villa Merkel d’Esslingen . Trois expos, à chaque fois différentes mais reprenant des éléments les unes des autres ». Le titre en est unique : « Headbangers ball » mais les sous-titres diffèrent.
À Strasbourg, ce sera Porteur de lumière , à Saint-Etienne, c’était Alte Meister  en hommage à une comédie plus que grinçante de Thomas Bernhard.
Entouré des grands formats auxquels il travaille à Meisenthal tout en ayant un autre atelier à Paris, Damien Deroubaix évoque le dramaturge autrichien. « J’ai tout lu en allemand. Pour la violence des mots, pour cette musique de répétition qui reprend une phrase jusqu’à épuisement… Je m’y retrouve complètement. C’est ma façon de travailler. C’est comme ça qu’on fait de la peinture : en mangeant le monde. »

Le bois, au cœur de l’exposition

Dessin, peinture, gravure sur bois et sur verre, mais aussi sculpture… l’artiste est vorace tant des techniques que des thématiques qui mêlent les esthétiques les plus contemporaines à l’exploration des arts premiers. Ses inspirations artistiques sont multiples : danses macabres, Jérôme Bosch, Mathias Grünewald, Picasso, dadaïsme, photomontages de John Heartfield, musique Grindcore, cinéma…
« Les figures rebondissent d’une œuvre à l’autre, elles se répondent, se cognent parfois. Mon univers n’est pas circonscrit. Des portes ouvrent sur des portes, il y a des miroirs. »

L’exposition du MAMCS réunit les derniers travaux de l’artiste et interroge tant la peinture que la position du peintre lui-même. Elle intègre des installations plus anciennes qui témoignent de sa circulation d’une technique à l’autre avec, central, le bois en tant que motif iconographique, matériau et matrice pour le travail de gravure.

Les deux vantaux de la grange de Meisenthal qui a été réhabilitée en atelier d’artiste y trouveront une destinée nouvelle. Encrés, gravés, habités d’images mentales matérialisées dans la densité du bois, ils seront œuvres à part entière. Réponses et questions, dialogues, vertiges. En aucun cas clos.

Du 6 avril au 25 août 2019, au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg

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