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Natif de Lingolsheim (rue des Prés) en 1943 sous les bombardements de la proche Tannerie de France, nul ne sait pourquoi j’ai tant «promené» l’âme qui (en moi) était … Jours & nuits j’ai arpenté 5 ou 10 000 fois les pavés & les jardins de ce cher Strasbourg, vieille cité qui tant d’années m’agglutina dans sa vive (mordorée) poésie & que j’ai si rarement quittée (un peu Paris ; un peu Jérusalem & Casablanca & Boulogne-sur-Mer ; Gisors & Chantilly) trois jours à Londres & très peu l’Allemagne, si proche pourtant… mais !…
Comme un coquillage rivé à son rocher «je» produisais un thrésor dont ma main-même ignora longtemps l’étendue !… En 2001, Bernard Reumaux l’éditeur du Promeneur strasbourgeois me glissa : « Vous êtes notre Pessoa ». Or ni lui ni moi ne savions que me viendrait, autour d’Olivier Larizza & de sa merveilleuse amitié, une série de dix à douze mille pages de poèmes qui s’étendit (chaque jour) sur une dizaine d’années.!.. C’est à Strasbourg (faculté des lettres) que je dois d’avoir connu l’écrivain & l’ami Larizza, qui à quarante ans est déjà traduit en Russie, en Iran, Italie. C’est à Strasbourg aussi que j’ai rencontré Claude Vigée (1969), Sylvie Reff & tout récemment l’érudit chercheur Mathieu Jung, quel travailleur, Mathieu, il connaît mes archives mieux que moi !..

Or quoi cherchait-on, dans ces ruelles encore toutes pleines d’un passé si récent (Mozart & Goethe) : je revois la rue des Pucelles embrumée d’une féerie XVIème siècle si éloignée de l’épouvantable AVENIR qui nous attend : tous… (Donald Trump)
Ici j’ai vécu (la rue des Sœurs n°18). Ici j’ai étudié la littérature du XIXème siècle (mon maître Jean Gaulmier). Ici je me suis (1980) marié. Ici j’ai développé, à l’ombre d’une reine Mathilde, la tapisserie de cette œuvre encore aux trois quarts inédite. C’est d’ici que je pars déclamer à Bruxelles, Paris, Mayence ou Fribourg ; Nancy, Bordeaux, Nantes, Lyon, Aix-en-Provence, si quelqu’amoureux de la poésie pense à m’y inviter.
Et c’est à la librairie Kléber, place Kléber, qu’on entend régulièrement grâce à François Wolfermann (l’un des plus grands libraires de France) les murmures & les cris de ce drôle d’oiseau réchappé d’une affreuse histoire : mon père le philosophe Raymond Klée, compagnon de Sartre, Simone Weil & Claude Lévi-Strauss, est mort assassiné au Struthof le 18 avril 1944 ; je ne l’ai vu qu’un seul quart d’heure (1943) au parloir de la prison de Fresnes où (résistant civil) il attendait (classé Nacht & Nebel) son départ vers… Un square de Neudorf porte (grâce à Jean-Claude Richez) le nom de ce héros qui enseignait à Paris & Versailles & rejoignit le combat gaulliste dès juin 1940.

… Alors c’est peut-être son Ombre sacrée que, sans l’avoir jamais formulé, mes milliers de “promèneries” à travers «Strasbouri» ont inlassablement recherchée ?… J’en émets -ici – l’hypothèse en hésitant : « Et si c’était LUI SEUL (son cœur & son sexuel) que j’espérais entrevoir ici & là où si brillamment il a vécu » !… Le collège St.Étienne, la fac de philosophie, la rue des Juifs où mon grand-père Klée (1875) fabriquait des meubles (mes oncles & mes cousins sont, eux aussi, installés à Strasbourg depuis très longtemps).
Quelle ardeur eurent donc mes «piés» à battre mille & mille fois le sol de cette vieille cité mystique, musicale & psychanalytique ?.. On y comparait son cœur & son corps à tant d’ autres qui (eux aussi)…se promenèrent quasi-éternellement entre la rêverie & la réalité !… Bientôt cet “erratisme” finira, lequel croisa des dizaines de milliers de passants !… («Vous étiez, Jean-Paul, connu comme le loup blanc – Ah donc ?… – et vous seul ne vous connaissiez pas ?… »)

C’est incroyable, ça : ce brave homme qui à présent claudiquant (comme le Messager boiteux dont naguère il s’occupa) s’avance maintenant vers on ne savait Kwââ ?.. destruction (ou) dévoilement d’un «thrésor» d’inouïe poésie (12 000 feuillets) !… Hélas, qui donc jurera que l’ignoble TRUMPERIE ne va pas mettre le feu — d’ici Noël 2018, — à l’incroyable «marche sacrée» de cet Orphée qui, de si longues décennies… resta dissimulé derrière (vous savez bien) quel rideau de cendres & fumées (là-bas, krématoire) & à présent l’on voyait que tout, …un jour, …allait recommencer !!. tout !!.

Tenir & tenir & se battre pour la paix ! Que vous soyez marcheur, promeneur ou chat errant…(ou chat-huant) ou pèlerin de Saint Jacques (ou bien même, dans votre chambre, cloîtré depuis 15 années) : l’universelle résistance vient. On sera des dizaines de millions à  !!!…

 

* Jean-Paul KLÉE est l’auteur de Rêverie d’un promeneur strasbourgeois (Ed. La Nuée bleue, 2001)
A paraître en 2018, un très long poème (1680 vers) sur la cathédrale de Strasbourg (Ed. Arfuyen)

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