Emilie Girard, du Mucem de Marseille aux Musées de Strasbourg

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Elle entrera officiellement en fonction le 1er janvier prochain, mais elle sera à Strasbourg avec son mari et ses deux filles (cinq et huit ans) dès la mi-décembre. Interview express avec la nouvelle directrice des Musées de Strasbourg, la pétillante Émilie Girard, 44 ans, enthousiaste à l’idée de présider aux destinées des dix musées de la Ville de Strasbourg…

Un mot sur le splendide Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée – MUCEM qui a ouvert il y a maintenant une décennie et où vous avez effectué toute votre carrière…

Je sortais juste, fraîchement diplômée, de l’Institut du Patrimoine, qui forme les conservateurs du patrimoine français. Je suis en effet entrée au Service des Collections, dès la création de l’établissement en 2006, sept ans avant son ouverture officielle en 2013, il y a donc dix ans. La tâche était immense : songez donc, il s’agissait ni plus ni moins de répertorier pas moins de 330 000 objets à Marseille, en parallèle du transfert des collections. En 2019, je suis devenue la directrice scientifique du MUCEM, en charge de la politique scientifique, artistique, de conservation et de recherche…

Vous avez acquis à Marseille une solide expérience en matière de commissariat d’exposition…

Je crois, oui, c’est un des aspects de ma fonction qui me passionne le plus. La dernière exposition que j’ai organisée au MUCEM est Populaire ? (Une présentation de l’ensemble des collections du musée dans toute l’étendue de leur richesse et de leur diversité – ndlr), elle ouvrira le 12 décembre. Il y eut aussi l’expo Jeff Koons en 2021, On danse ? en 2019, mais aussi, auparavant encore, Un génie sans piédestal, Picasso et les arts populaires…

Nous allons vous laisser le temps de vous installer dans votre nouvelle fonction pour évoquer avec vous l’ensemble du périmètre qui incombe à la direction des Musées de Strasbourg. Mais il y a un point particulier qui fait que vous êtes très attendue. Celui de la mise sur pied d’expos temporaires permettant de contribuer au rayonnement et à l’attractivité de Strasbourg sur le plan national et même européen. Beaucoup d’amateurs d’art considèrent qu’il faut redonner un nouveau souffle à ce type d’expositions…

J’ai déjà quelques contacts à Strasbourg qui ont en effet attiré mon attention sur ce point. Je vais avoir à coeur de réaliser tout ça et je sais bien que le cosmopolitisme naturel de la capitale européenne qu’est Strasbourg, mû par la présence de nombreuses institutions européennes, doit permettre d’organiser de tels événements. D’ailleurs, pour ne rien vous cacher, c’est un aspect des choses qui m’a fait candidater pour ce poste. Je sais que je vais devoir très vite prendre beaucoup d’informations, j’en suis consciente… Pour l’heure, il va me falloir travailler avec les élus sur la création d’un nouveau lieu qui permette la mise sur pied de ce type d’expositions. C’est un travail préalable qui est indispensable et important…

Vous devenez de fait directrice de dix musées, ce qui représente une tâche évidemment considérable…

C’est évident. Mais il y a là une incroyable richesse, celle de ce réseau. La matière est là et elle est géniale. Il y a d’immenses synergies à créer ou à conforter autour d’expositions thématiques générales, déclinées sur plusieurs lieux à partir de plein d’entrées différentes, avec un potentiel ludique et grand public. Je suis réellement enthousiaste à l’idée de susciter un tel dialogue. Je me suis beaucoup renseignée avant d’arriver à Strasbourg et parmi les convictions que j’ai acquises, il y a la cohérence et les compétences des équipes des musées de Strasbourg : je sais que je peux m’appuyer sur des bases solides. Même si je n’ai pas la moindre attache à Strasbourg, je sais que j’ai une force de conviction qui peut nous permettre, mes équipes et moi, de réaliser beaucoup de choses… ».

©Eurométropole de Strasbourg/Jean-François Badias