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Ma grand-mère adorait la cuisine asiatique, son amour de tout partager y était sans doute pour quelque chose. Lorsque j’étais petite, elle adorait m’amener dans un restaurant où le bruit de la porcelaine qui s’entrechoque se mêlait aux discussions des affamés. Je tentais – sans grand succès – de maîtriser mes baguettes sous l’œil d’un maneki-neko qui n’en finissait plus d’agiter la patte…

La tablée prenait plaisir à goûter aux différents mets exotiques. Après avoir passé le gigantesque aquarium à l’entrée du restaurant, nous reniflions les bonnes odeurs de Singapour, puis du Japon, suivies d’une escale à Taïwan. Les doux parfums de la cuisine asiatique font l’enchantement de celui qui cherche à voyager le temps d’une bouchée. Au fil des découvertes, les classiques nouilles sautées que j’assaisonnais à grands coups de sauce soja ont laissé place à d’autres petits plaisirs à manger. Plus récemment, j’ai trouvé mon bonheur avec les baozi. J’ai eu envie d’imaginer ces petites brioches farcies et cuites à la vapeur avec des vins d’ici et d’ailleurs. Partons en voyage.

Vous parlez chinois ?

Servi chaud ou tiède, le baozi est un en-cas très populaire au cœur du street food chinois. Cette boule de pâte renferme une garniture composée parfois de légumes, parfois de viande, voire les deux. Celle-ci constitue le principal atout, un genre de Kinder pour les plus gourmands ! Ladite boule est finalement cuite à l’étuvée, permettant de conserver au mieux toutes les saveurs. En résulte une jolie brioche à l’apparence nacrée. Avec son irrésistible texture de nuage, le baozi parade aujourd’hui dans les chinatown des grandes villes occidentales. 

À Strasbourg, le East Canteen réjouit l’amateur de cuisine asiatique à la recherche de ce fameux pain farci. Ce restaurant de la Kruteneau accueille les gourmands dans une salle à manger où la cuisine ouverte, les enseignes lumineuses, et le bambou – beaucoup de bambou – attirent l’œil. Ici, la cuisine est colorée et conviviale. En témoigne le joyeux brouhaha composé d’étudiants, de jeunes actifs, et de familles. Les grandes tables à partager donnent envie de jouer des baguettes autour d’un délicieux plat de morceaux de poulet frit ou de raviolis japonais farcis et grillés. Les plus habitués commanderont un dak gangjeong et des gyozasis, et recevront les mêmes assiettes. Des musts qui ont de quoi rendre addict ! À peine servis, les attentionnés des arts de la table font des ohhh et des ahhh ! C’est que la vaisselle, choisie avec attention, rend le tout drôlement esthétique. De midi à vingt-trois heures, l’esprit animé emplit aussi les verres, avec d’originaux thés glacés et cocktails maison.

Accord avec le baozi

Revenons-en à ces petites brioches farcies et cuites à la vapeur. Au menu du East Canteen, on retrouve celle au porc laqué grillé ou aux légumes. Pour les grands indécis alimentaires – je lève haut la main – une version propose de goûter les deux saveurs. Idéal pour les toutes petites faims, ou l’entrée ! Le premier présente des morceaux de porc idéalement parfumé et tendre à souhait. Le deuxième est composé d’une julienne de légumes fondants. L’ajout d’un chouia de pâte saté apporte un goût d’Asie. Cette pâte est un condiment à base de cacahuètes et d’épices. Dans les deux cas, les garnitures sont savoureuses et le moelleux de la pâte fait disparaître le petit pain en deux bouchées. Le voyage est bien commencé.

Avec le baozi au porc laqué grillé, optez pour la cuvée Malbec d’Alfredo Roca 2016. Ce vin est issu du terroir de Mendoza, le centre principal du vin argentin, situé au pied des Andes. Le cépage malbec laisse découvrir des arômes de cerises, de confitures de prunes, et de tabac. En bouche, l’attaque est ronde et les tanins, délicats. La finale est persistante sur le fruit. Un rouge gourmand et intense, idéal pour les viandes dont la cuisson laisse un résultat tendre à souhait !

Plutôt légumes ? Je suggère alors un vin ample et épicé. C’est le cas du gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2011 de Barmès Buecher (Wettolsheim). Souvent issu du cépage gewurztraminer, le Steingrubler exprime une étonnante onctuosité. Cette cuvée présente d’ailleurs une certaine douceur, de quoi amplifier cette sensation. Dans le verre, ça sent bon le miel et les fruits confits. En bouche, ce blanc est synonyme de minéralité, et de richesse. 

Bien que simple en apparence, le baozi a ce je-ne-sais-quoi qui donne envie de faire des détours imprévus à la Kruteneau. Dans le confort de votre cuisine, n’hésitez pas à faire jouer votre tire-bouchon sur l’une des bouteilles proposées. Évidemment, celles-ci ne sont que des suggestions. Le monde du vin est aussi vaste que le menu – parfois très complexe– d’un restaurant asiatique. Le meilleur moyen de trouver son petit bonheur est d’essayer quelques cuvées. Vous finirez inévitablement par trouver celle qui vous annoncera une bonne prédiction. Nul besoin de croquer ce fameux biscuit qui, à l’époque, accompagnait notre sortie du restaurant et marquait ainsi la fin du voyage.

Merci à East Canteen d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.
Les vins présentés sont disponibles au Théâtre du Vin, marchand de vins à Strasbourg.
Retrouvez-moi ainsi que d’autres de mes articles sur mon blog Le Cellier de Jess !

Retrouvez les précédents articles Les grands vins des petites occasions :
Bagelstein
La Frituur
Pur ETC

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