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Discipline créée il y a 40 ans par une professeure d’anglais à Paris, le yoga pour enfants n’est agréé par le ministère de l’Education que depuis… 2013. Longtemps suspecté d’être une secte, le yoga trouve désormais sa place dans les écoles ou centres de loisirs. Découverte d’une pratique aux vertus tant amusantes que zénifiantes pour nos kids !

Tour à tour lapin, chat, montagne, avion ou hélicoptère, les duos parents-enfants évoluent joyeusement ou calmement dans une salle du Fossé-des-Treize en ce samedi hivernal. Pendant que les gilets jaunes s’agitent à l’extérieur, Emmanuelle Cammisar, professeure de yoga spécialisée dans l’enfance, les guide de sa voix douce dans le conte imaginaire qu’elle a initié autour de la chandeleur.

Ici, point de spiritualité, de poses improbables, mais un échange ludique. « L’enfant a besoin d’un support imaginaire, sinon c’est trop abstrait, explique-t-elle. On essaie de les sortir de nos « dépêche-toi » perpétuels et des écrans. Les enfants sont très sollicités, le yoga est un moment de rêverie où l’on associe plusieurs disciplines, la danse, le conte, le mime… »

L’objectif du yoga pour enfant ? Leur permettre de se détendre, de se recentrer, d’améliorer leur concentration. D’être joyeux, tout simplement ! « Le yoga famille, c’est aussi un moment de complicité partagée, les petits voient leur parent comme un joueur et non plus comme celui qui s’occupe de la logistique, sourit Céline de Yogalilop. En prime, le yoga permet de prendre conscience de son corps, les effets à long terme sont assez surprenants. »

Bientôt dans les écoles strasbourgeoises ?

La pratique vient de fêter ses quarante ans, mais on en parle vraiment que depuis un ou deux ans. Imaginée par la professeure d’anglais Micheline Flak pour détendre ses élèves et les aider à se concentrer, la « Recherche sur le yoga en éducation (RYE) » s’est montée en association en 1978. Mais elle ne sera reconnue par le ministère de l’Education qu’en 2013. « Très longtemps, le yoga a été considéré comme une secte, donc pour l’enseigner en classe, il faut l’agrément RYE, garantissant que l’on enseigne un yoga laïc », précise Emmanuelle. Intervenante en périscolaire dans des établissements privés strasbourgeois, elle est bluffée par les résultats. « Les enfants se posent, c’est assez magique. C’est un vrai projet, on crée notre petite bulle, puis on se lâche ! Le but étant de leur permettre d’évacuer les tensions accumulées. »

À raison d’une séance mensuelle, le yoga se développe depuis l’an dernier dans la plupart des centres de yoga, dans les espaces de loisirs, à l’école aussi. La Ville de Strasbourg a notamment tenté une expérience avec des pré-ados difficiles à l’école de la Montagne-Verte. « Le cadre n’était pas le bon, car ils se sont sentis stigmatisés, reconnaît Régis Giunta, chef du service périscolaire à la Ville. En revanche, la directrice les voit refaire leurs exercices dans la cour en tout discrétion bien sûr… Nous souhaiterions généraliser la pratique dans les écoles de Strasbourg, mais dans une approche plus globale. » Comme le font depuis des années nos voisins allemands par exemple…

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