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Voilà un peu plus d’un an que vous êtes rentré du Japon. À la joie de retrouver famille et amis, s’est succédé le plaisir de redécouvrir Strasbourg, ses quais devenus piétons, ses nouveaux bars et restaurants. Vous avez eu vite fait de vous réinstaller dans le calme de la capitale de l’Europe, loin du tumulte de la mégalopole tokyoïte.

Passés les interrogatoires des proches, vous avez donc rapidement troqué votre personnage d’envoyé spécial contre celui d’un Alsacien sédentaire bien dans sa ville. Il faut tout de même avouer que certaines réadaptations ne furent pas simples et vous avez souvent regretté le savoir-vivre et la politesse nippone quand on vous doublait à la caisse ou que quelqu’un hurlait au téléphone dans le tram. Réacommodé à la France, l’expérience japonaise s’est faite souvenir sans pour autant quitter un coin de votre tête, comme une amie qu’on aime beaucoup mais qu’on voit peut.

Une envie de sushis ou de thé vert, retomber sur une vieille photo ou conseiller un proche en partance pour Tokyo, ces petites piqûres de rappel vous faisaient sourire mais vous plongeaient parfois aussi dans une certaine nostalgie. Cet état commença sensiblement à changer au bout d’une année, tout semblait vous ramener constamment à l’Asie. Le souvenir commença à se faire obsession, il fallait vous rendre à l’évidence : vous aviez envie de revoir le Japon.
Malgré les injonctions de Greta Thunberg vous avez ainsi acheté un billet d’avion, tâchant de vous dédouaner en vous disant que vous ne possédiez pas de voiture… L’idée était de retourner dans une grande ville. Votre choix s’est porté sur Osaka. Réputée pour sa gastronomie et la bonhommie de ses habitants, cette destination promettait aussi de belles escapades en bord de mer et à la montagne. Ne restait plus qu’à boucler la date. En vrai Strasbourgeois, vous aviez senti poindre la « magie de Noël » avec ses marchés et ses check-points et avez donc décidé de vous transformer, vous aussi, en touriste pour les fêtes de fin d’année. Au moment où les gens courent les magasins et remplissent le frigo, vous décolliez pour le Japon.

Après 50h de voyage, comprenant un report de vol et une douce nuit dans un hôtel Ibis, vous arrivez enfin à Osaka. Située dans la région dite du Kansaï, Osaka est la troisième mégalopole du Japon après Tokyo et Yokohama. Portuaire et industrielle, c’est une ville dynamique, tournée vers le commerce mais qui ne manque cependant pas de charme (comme toutes les villes japonaises). Moins sophistiquée que sa grande sœur Tokyo, Osaka est aussi moins guindée et plus détendue, notamment sur les questions de protocole… Vous qui vous étiez déjà préparé à serrer à gauche dans le métro, vous découvrez qu’ici c’est l’anarchie la plus complète et qu’on emprunte les couloirs à la parisienne : selon son humeur et tête la première. Arrivé dans la rue, même constat, ici on traverse en courant, même au rouge, scène impensable à Tokyo (ou alors sous le regard accusateur de la foule). Osaka se laisse vivre, et même si ses rues ont moins des airs de fashion week, vous y appréciez le calme et le dépaysement car, autre avantage de cette ville, elle est moins cosmopolite et vous n’y croisez quasiment pas d’étrangers.


Touriste en terrain connu, vous vous amusez de quelques comparaisons tirées de votre expérience d’expatrié, notez les valeurs sûres (le silence dans le métro), les petits changements (nouveaux parfums de Kit Kat), et faites le plein des saveurs qui vous ont tant manqué ces derniers mois. Soba, tempura, thé, saké, les repas sont réfléchis à l’avance comme de vraies visites touristiques : il ne faut surtout rien rater ! Entre deux (ou trois ou quatre) collations, vous visitez la ville, son magnifique château, ses temples, musées et parcs, avec même une matinée à l’incroyable aquarium de Minato, immense tube d’eau de mer qui abrite deux requins baleines ! Évidemment, les visites sont ponctuées d’arrêts shopping, principalement des cadeaux pour la famille et les amis car cette fois votre valise ne contient pas tout votre appartement !
Revenir en touriste dans un pays où l’on a vécu rappelle un peu le sentiment d’une visite dans la maison familiale pour les fêtes. Ce lieu sera quelque part toujours votre chez-vous, même si vous avez désormais construit votre vie ailleurs. Le 24 au soir, en dégustant votre curry de Noël, vous pensez aux vôtres. On s’envoie photos et textos, sapins contre temples bouddhistes. Même si vous êtes heureux d’être au Japon pour cette fin d’année, vous vous réjouissez déjà de revoir les gens que vous aimez et vous rappelez que lors de votre expatriation, le temps était parfois long.
Malgré tout, l’Asie et sa culture vous fascine de plus en plus (et ce au-delà du Japon), vous donnant des idées de prochaines escapades, peut-être dans la jungle, pour changer du béton. Le voyage appelle le voyage.

Le 31 au soir, vous priez dans un temple avec les Japonais du quartier en souhaitant de pouvoir continuer de découvrir le monde et de partager vos aventures avec les lecteurs d’Or Norme.

Belle année 2020 à tous !

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