Un Alsacien au Japon – épisode 4

Partager

Street Food

 

Avec des épiceries ouvertes jour et nuit, des distributeurs de canettes, des restaurants tous les 500 mètres et des pâtisseries à chaque coin de rue, on comprend vite que les Japonais vouent un culte sans borne aux plaisirs de la table. Toutes les occasions sont bonnes pour se remplir la panse et ce quel que soit le moment de la journée.

Alors évidemment, on se dit que le Japon est le pays du thé et des sushis mais en réalité, le plus souvent, ce seront des pintes de bière accompagnées de viande ou de friture qui vous seront servies. Par exemple, une fois la journée de travail terminée, on aime se retrouver entre collègues et/ou amis, dans des bistrots appelés izakaya. Ici, vous commandez de petits plats que vous partagez, le tout arrosé d’alcool (et en fumant comme des pompiers car non, ici pas de loi Evin, même si cela est tout doucement en train de changer).

Les Japonais sont des grands consommateurs de bière mais aussi de whisky, qui leur arrive de boire dans des chopes en verre mélangé à de l’eau gazeuse, de quoi faire hurler un Écossais (ils appellent cela « highball », à ne pas essayer). Les Japonais aiment donc lever le coude, même s’ils ne sont pas forcément très endurants.

Savoir faire la fête

Passé une certaine heure vous croiserez de nombreux employés en costume qui zigzaguent dans les rues, à tel point que des affiches dans le métro mettent en garde contre les risques d’accidents sur la voie. Ces soirées restent malgré tout bon enfant, en effet, savoir faire la fête est un signe de savoir-vivre et de sociabilité. Personne ne vous jugera si vous arrivez au travail encore fatigué de la veille, au contraire, cela prouve que vous êtes quelqu’un en dehors du bureau.

Sortir, surtout ici, reste donc le meilleur moyen de faire des rencontres et même si peu de gens maîtrisent l’anglais, vous trouverez toujours quelqu’un prêt à vous inviter à sa table pour vous faire goûter son plat préféré en vous racontant qu’il est fan de Jean Reno (grosse star ici).

Street food japon

La gastronomie fait également souvent l’objet de festivals et autres fêtes de quartier. Un vendredi soir, vous recevez un message d’un couple d’amis japonais (parlant anglais) vous invitant justement à un de ces événements. Vous avez rendez-vous le lendemain à 14h devant une station de métro. Là, des gens attendent pour récupérer un petit sachet. On vous explique en effet qu’il vous faut vous acquitter d’un droit d’entrée et qu’en échange vous aurez, vous aussi, droit à votre « party-kit ».

Au bout d’une demie heure, vous avez entre les mains un joli petit verre en porcelaine à l’effigie d’un petit lapin, une paire de baguette, une serviette et le plan du pâté de maison. Le principe est simple : toutes les rues du quartier ont été bouclées. Les restaurateurs ont installé des stands où ils vendent de petits plats en proposent des dégustations de saké. Vous voilà parti pour une belle aventure gustative. Saké parfumé à la pêche, intestins de pieuvre, chaque restaurant a son plat typique.

Oishii desu

Dans les files d’attente, les gens sont ravis de voir qu’un étranger (gaijin) se prête au jeu et tout le monde redouble de bonté pour vous faire partager ses mets. On vous conseille, on vous fait un clin d’œil, on vous offre de petites bouchées. A la bonne franquette, debout dans la rue, vous piquez avec vos baguettes dans les petits bols que l’on vous tend. Poli (et un peu saoul), vous ne cessez de dire que tout est bon (oishii desu), on n’hésitera pas alors à vous remettre, directement dans la bouche, un bout de poisson ou un gâteau sans oublier au passage de remplir à nouveau votre verre.

Très vite vous vous faites de nouveaux amis, notamment Midori, cette jeune femme déjà bien au fait de la tradition et qui tient péniblement sur ses talons. Elle se fait un devoir de vous faire goûter tout ce qu’elle peut. Ne comprenant toujours pas le japonais, vous hochez de la tête à toutes ses questions ce qui la fait beaucoup rire, jusqu’à ce qu’elle trébuche sur le trottoir. Pour Midori, la fête est finie et ses amis la raccompagnent. La bouche enfin à nouveau vide, vous remerciez tout le monde et vous dites que pour vous aussi il est temps de rentrer. La fête ne durera de toute manière plus très longtemps, d’ici deux heures, à la tombée de la nuit, tout sera à nouveau propre et calme. La tête un peu engourdie et le ventre plein, vous reprenez le métro, votre verre-lapin en poche.

> Lire l’épisode 1

> Lire l’épisode 2

> Lire l’épisode 3

> Lire l’épisode 5

> Lire l’épisode 6

> Lire l’épisode 7

> Lire l’épisode 8

> Lire l’épisode 9

Lire l’épisode 10

Lire l’épisode 11

Lire l’épisode 12

Lire l’épisode 13

Lire l’épisode 14

Lire l’épisode 15

Lire l’épisode 16

Lire l’épisode 17

Lire l’épisode 18

Lire l’épisode 19

> Lire l’épisode 20

Lire l’épisode 21

Lire l’épisode 22